La guerre des clans n’a pas résisté à la chaleur estivale : quelques semaines après le début de la guerre que se sont déclarés Abdelmadjid Tebboune et Ali Haddad, les armes se sont tus. Les deux hommes, entourés de la clientèle habituelle recrutée dans les milieux des affaires et du syndicat, l’UGTA, ont scellé, dimanche, leur «réconciliation ». En dépit de toutes les pressions politiques, Ali Haddad a gagné son bras de fer contre Tebboune. 

Preuve en est, la rencontre, qui a duré près de deux heures, a permis d’aplanir tous les différents. Une main invisible, venue de la présidence de la République, a demandé aux deux parties de calmer le jeu. Ce qui a été fait sans coup férir. “Tout cela s’est déroulé dans l’entente cordiale et la cohésion de l’ensemble des partenaires du Pacte national économique et social de croissance autour du programme du Président Abdelaziz Bouteflika et de son gouvernement », a tenu à préciser Abdelmadjid Sidi-Saïd, qui a pris la défense de Ali Haddad au début de bras de fer qui l’a opposé au Premier ministre. Le secrétaire général de l’UGTA a parlé « de cette vision, de cet engagement et de ce devoir vis-à-vis du Président de la République pour que la prochaine Tripartite puisse également reconfigurer et donner un saut qualitatif à l’économie nationale”.

De son coté, le Premier Ministre a tenu à encenser ses partenaires sociaux. Pour lui, le patronat « constitue pour le gouvernement un partenaire indissociable dans la croissance économique », saluant le rôle « stabilisateur » que joue l’UGTA au sein du monde de travail. Il a également salué les entreprises publiques et privées pour « les efforts consentis en vue de créer de la richesse », estimant que « seule l’entreprise est en mesure de générer cette richesse ».

La partie étant calmée, les deux parties peuvent maintenant s’atteler à préparer une rentrée sociale qui s’annonce houleuse malgré les assurances de Abdelmadjid Tebboune. Les trois partenaires, qui se sont « chamaillés » récemment, ont donc trouvé un nouveau front contre un seul opposant possible : la société.