La moralisation de la politique en Algérie que le Premier Ministre, Abdelmadjid TEBBOUNE, a entrepris récemment a fragilisé Mr Haddad, le magnat du BTP avec son entreprise ETRHB. Certaines personnes se sont projetés d’ores et déjà dans l’après Haddad et ont tenté de se positionner pour le très prisé siège de la présidence du Forum des Chefs d’Entreprise.

Mr Laid BENAMOR, leader de l’agroalimentaire en Algérie serait, selon certaines indiscrétions,  prêt à lui succéder grâce à son réseau et les soutiens qu’il a savamment entretenus durant sa présidence à la tête de la chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI).

Si les responsables de l’opération ‘’mains propres’’ version algérienne ont l’intention de rendre crédible leur action, il est fondamental qu’ils innovent et qu’ils ne fassent plus dans le jeu des chaises tournantes.

Algeriepart avait, dans un article publié il y a quelques mois, évoqué le cas d’Issad Rebrab qui avait créé une entreprise de négoce en suisse dénommée SKOR International.

La famille Benamor s’adonne aux mêmes pratiques douteuses puisqu’elle possède une entreprise de négoce en Suisse dont la dénomination est  GENERAL FOOD SA, créée le 30 Novembre 2012 et dont le siège social est Place Saint-François 1, c/o Etude Carrard et Associés, 1003 à Lausanne.

Selon nos investigations, cette entreprise au capital de 100.000 francs suisses, est administrée par Benchaiba Halim, Gillard Nicolas et Benamor Mohamed el Hadi le propre frère de Laid Benamor et directeur général des Moulins Amor Benamor en Algérie.

La société de négoce General Food SA se positionne ainsi comme un intermédiaire dont l’objet est l’achat, la vente, le commerce et la distribution de tous produits agro-alimentaires, de tout matériel en relation avec la fabrication et la transformation de produits agro-alimentaires, ainsi que l’exploitation de restaurants.

Comme nous l’avions expliqué à propos de SKOR international de la famille Rebrab, il ne va pas échapper à nos lecteurs que, dans ce montage de la famille Benamor, des marges sont dégagées sur les factures établies par cette entreprise sur les achats et ventes à destination des entreprises du groupe Benamor en Algérie, faisant échapper par ce procédé une partie de la richesse réalisée en Suisse au fisc et au trésor algérien.

Va-t-on occulter encore une fois ces montages qui facilitent le transfert de devises alors qu’on demande au peuple de se serrer la ceinture ? L’exécutif va-t-il enfin légiférer sur ces entrepreneurs, dénoncés par Algeriepart et d’autres médias, et qui participent à hauteur de plusieurs dizaines de milliers en devise dans des sociétés étrangères alors que la loi ne les y autorise pas ?

La résolution définitive de cette incongruité sera un signal fort au projet initié par les hautes autorités de notre pays.