Pour mettre fin à une polémique qui a tenu en haleine tout un pays, Abdelmadji Tebboune a invité, publiquement, le président du FCE, Ali Haddad à une rencontre qui se tiendra au Palais du gouvernement.

Pour ne pas donner l’impression de vouloir reculer, le premier ministre a donné un cachet solennel et élargi à cette rencontre. Ali Haddad ne sera pas, en effet, seul à être reçu au Palais du docteur Saâdane. Le gouvernement a convié, également, l’UGTA et les autres organisations patronales à une réunion destinée à faire l’évaluation du « Pacte national économique et social ».

Pour donner un gage de bonne volonté envers le patron des patrons, le gouvernement préfère jouer l’apaisement. Samedi, le ministre des Travaux publics, Abdelghani Zaalane, a déclaré à des médias que les mises en demeure adressées par le gouvernement à des entreprises ne « concernent pas que Haddad ». « Nous avons adressé 52 mises en demeure, y compris pour des sociétés publiques et des compagnies étrangères », a indiqué le membre du gouvernement à des journalistes en marge d’une encontre avec les responsables locaux de son secteur.

De son coté, depuis ses réponses chiffrées, Ali Haddad s’est abstenu de faire aucune déclaration publique contre le Premier ministre. Ni lui, ni son fidèle soutien, Abdemadjid Sidi-Saïd, ne se sont exprimés depuis la fameuse rencontre de l’Aurassi où le syndicat officiel s’est allié au patronat contre Tebboune. C’est la preuve que d’autres « médiateurs » sont intervenus pour pousser les deux parties à calmer le jeu.

Dans le fond, la rencontre de dimanche ne risque pas de déboucher sur de grandes décisions. Seule « la poursuite » du dialogue et « la fidélité au Pacte national économique st social » seront réitérées. Preuve que la réunion a un caractère beaucoup plus politique que technique.