Dans l’affaire du port d’Oran que nous avons publié et qui mettait en relief les passe-droits et les soupçons de malversation qui entourent les prestations maritimes pour l’ETRHB de Ali HADDAD, il y a lieu d’évoquer le courage et l’honnêteté de personnes qui se sont opposés à la dilapidation de l’argent public et de vous rapporter les conséquences de leur acte de bravoure.

Mr Noreddine TOUNSI, cadre ayant occupé la fonction de chef de département commercial, a été le premier à dénoncer les largesses de la direction de l’exploitation du port d’Oran au profit de l’ETRHB et ce devant la commission de recours en date du 20 Avril 2016 en présence du DFC, du DRH, du Directeur de la Capitainerie et du Responsable juridique de l’entreprise.

Il a, durant, cette réunion tout simplement affirmé que la demande de recours de l’ETRHB n’était pas fondée puis défendant les intérêts de l’entreprise publique du port d’Oran, il a suggéré que l’ETRHB s’acquitte de toutes les prestations liées aux opérations de manutentions.

Ce discours n’a visiblement pas plu aux gestionnaires du port ni à certains syndicalistes au niveau du port d’Oran. Et c’est dans ce contexte,  il lui a été demandé le 24 /04/2016, à travers Mr Fasla Mahmoud Djawed, directeur de l’exploitation du port, de remettre les documents nécessaires à la constitution du dossier de plainte.

 

Les pressions et menaces publiques que subissait Mr TOUNSI sur son lieu de travail ne l’ont pas dissuadé du bien-fondé de son action, bien au contraire, elles ont renforcé sa détermination à rétablir la vérité en transmettant sa plainte pour faux et usage de faux, abus de pouvoir et trafic d’influence à la brigade de gendarmerie d’Oran le 24/04/2016 où il a été entendu, suite à quoi une enquête officielle a été ouverte ainsi qu’une réquisition de toutes les factures et documents liées à cette affaire.

Dans la panique de voir un procès se dérouler, les responsables du port d’Oran ont multiplié les erreurs dans leur précipitation à étouffer l’affaire.

Ainsi, ils ont obligé Mr TOUNSI à prendre son congé le 25/04/2016, devant son refus, une mise à pied lui a été signifiée le 26/04/2016 puis une décision de le relever de ses fonctions le 05/05/2016 a suivi.

Le 15 Mai 2016 deux cadres du service facturation, Tewfik B. et Dahmani Fethi ont été suspendus, un peu plus d’un mois après, soit le 19/06/2016, une sanction de mise à pied pour 15 jours leur a été infligée faisant d’eux de simples boucs-émissaires.

Alors que Mr TOUNSI était en congé depuis le 15/07/2016, il est convoqué par huissier le 28/08/2016 à nouveau devant la commission de discipline ou il a été filmé à son insu, son licenciement lui a été signifiée le 06/09/2016.

Yeddjour Toufik qui était le DRH, était également le président de la commission de recours et de discipline. Ce qui a poussé MR TOUNSI à refuser de passer devant cette commission au motif qu’une plainte N° 3305/2016 au pénal avait été déposée à l’encontre de Yeddjour.

Des menaces et intimidations ont été commises sur d’autres cadres ne voulant pas céder au chantage, tels que Abed Tahar – statisticien au port d’Oran, convoqué le 02/08/2016 par la gendarmerie pour être entendu sur les pertes enregistrées par le port suite aux soupçons de malversations divulguées, il a tout simplement été licencié 25/08/2016 !

Le dénommé Arrouch Karim témoin dans l’affaire dite des factures à L’ETRHB et chef de département air et transit au service commercial a été dégradé de l’échelle 21/5 à 18/5 puis muté depuis au centre de formation, de même que Amrane Madjid assistant du Directeur chargé de l’exploitation qui lui a préféré se retirer et demander sa retraite après avoir été entendu dans le cadre de l’enquête sur les factures et la remise octroyée par le PDG du port à l’entreprise de Ali HADDAD pour un montant de 900.000 DA en date du 20/05/2016.

Le chef de département Finance et comptabilité Bilal Abdelwahab, lui est en maladie depuis le mois d’Aout 2016 suite aux menaces proférées contre lui pour avoir remis les documents accablants dans la gestion du port à Mr TOUNSI et pour avoir témoigné en faveur de Mr TOUNSI dans l’affaire des insultes et menaces que ce dernier aurait proféré.

Mr Fasla Mahmoud Jawad a, par ailleurs, été muté à un autre poste au sein de la direction des travaux après son retour de mission en Corée en juillet 2016.

Les gestionnaires ont également maladroitement procédé à la mise en place d’une commission d’audit pour tenter de pallier à posteriori aux défaillances portées au grand jour par ce personnel intègre.

Ils ont ainsi émis des factures pour nettoyage et équipe concernant 10 navires pris au hasard sur plus de 600 navires et pour un montant ridicule de 750.000 DA qui n’a jamais été encaissé! Mais sans récupérer le moindre centime sur les prestations de transferts et manutentions…

Tout cela pour tenter grossièrement de faire passer les lanceurs d’alertes pour des personnes malveillantes.

Pourtant les lois 65 bis 19, 65 bis 20, 65 bis 21 et 65bis 22 du nouveau code pénal sont claires, elles protègent toutes les personnes qui dénoncent et témoignent contre des actes de corruption.

Les questions que soulèvent toutes ces informations sont nombreuses :

Pourquoi l’enquête de la gendarmerie qui a été transmise le 04/10/2016 au procureur Boussouna, avant qu’il ne soit muté depuis à Tamanrasset dans le sud du pays, n’a pas eu de suite à ce jour et tarde à être transmise au juge d’instruction du pôle économique ?

Pourquoi le PDG du port d’Oran qui a été saisi par le procureur le 02/04/2017 pour se constituer partie civile dans le volet de la dilapidation de biens publics, faux et usage de faux et abus de pouvoir, a-t-il refusé de le faire alors qu’il s’était constitué partie civile le 16/08/2016 devant le doyen des juges contre Mr TOUNSI en préparation de son licenciement le 06/09/2017?

Pourquoi la plainte transmise au service pénal du ministère de la justice sous le N° 2236/17 déposée en date du 02/04/2017 et rejetant la procédure à l’encontre de Mr TOUNSI entachée d’irrégularités la frappant ainsi de nullité est restée sans suite ?

Pourquoi la plainte transmise par le parquet le 18/06/2017 sous le n° 90343 au niveau de la BEF d’Oran est toujours sans suite à ce jour pour atteinte à la liberté ?

Pourquoi la plainte N° 0399/17 transmise par le parquet le 28/03/2017 au commissariat du 16e arrondissement du commissariat du front de mer à Oran est toujours sans suite jusqu’à à ce jour ?

Ces deux dernières plaintes concernent les 6 personnes ayant siégé au sein de la commission de discipline en portant de fausses déclarations sur des documents pour soutenir un licenciement abusif et sous l’œil d’une caméra dissimulée à Mr TOUNSI ce qui est condamné par le code pénal en son article 301 bis et 302.

Des questions qui renforcent les suspicions de pressions et de conflits d’intérêt touchant des personnes influentes.

Si les algériens étaient assurés de pouvoir être soutenus et protégés dans la lutte contre les actes de  gaspillage ou de corruption par une justice impartiale, nous aurions certainement plus de chance de bâtir une meilleure société.