Le général Boura Rezigue, alias Abdelkader, est assez peu connu du grand public en Algérie. Au sein des services algériens ce jeune cinquantenaire qui a fait toute sa carrière au coeur de l’ancien Département du renseignement et de la sécurité (ex- DRS), jouit pourtant d’une belle notoriété et incarne la nouvelle génération des hauts gradés du renseignement algérien.

Abdelkader connaîtra la consécration il y a tout juste deux ans, en août 2015, lorsqu’il est nommé directeur de la Direction de la sécurité intérieure (DSI), en remplacement du général-major Abdelhamid Bendaoud, alias Ali. Il devient ainsi le premier jeune officier supérieur n’appartenant pas à l’entourage du très controversé général Toufik à obtenir un poste aussi stratégique.

Ses qualités morales et sa force de caractère font aujourd’hui d’Abdelkader un officier incontournable dans le monde du renseignement algérien. Son indéniable expérience dans la lutte anti-terroriste également, à la tête de plusieurs missions au sein du DRS, dont la direction du centre territorial de recherche et d’investigation (CTRI) sur l’ensemble du territoire.

C’est au CTRI, coeur de l’anti-terrorisme, que les interrogatoires et les enquêtes les plus secrètes du pays sont menées. Abdellkader a par la suite dirigé d’une main de fer le Centre principal des opérations (CPO), le fameux centre Antar où se déroulent discrètement les entretiens et les enquêtes sur les affaires politiques et de corruption. Un centre à la triste réputation depuis la guerre civile des années 1990, et que le jeune général s’est employé à assainir et à professionnaliser, permettant ainsi de renforcer  son efficacité. Ce qui lui a valu le respect et la considération du général-major Bachir Tartag, successeur du général Toufik à la tête du nouveau DRS, qui en fera très vite son véritable bras de droit.

Enfin, à la veille des élections législatives de mai 2017, Abdelkader aura été celui qui a fait éclater le scandale des ventes des candidatures à la députation au sein du FLN, et c’est à la suite des investigations menées par ses services que la députée du FLN, Salima Athmanin, a été interpellée en flagrant délit de corruption.

Abdelkader déplacera encore un peu plus les lignes en faisant placer sous surveillance le fils du patron du FLN, Djamel Oud Abbès, impliqué lui aussi dans des transactions pour le moins douteuses. Un scandale national qui provoquera des sueurs froides à l’ensemble des responsables politiques du pays.

 

Source : Maghreb-Intelligence