Piqué au vif, Ali Haddad se défend. Près d’une semaine après la parution des mises en demeure du ministère de l’Industrie, l’entreprise, ETRHB Haddad, a répondu, dans e détails, aux reproches des autorités.

Dans des documents distincts, la société des frères Haddad a tenté de démonter, l’un après l’autre, les accusations des autorités. Chiffres et références administratives à l’appui, le groupe ETRHB Haddad a même renvoyé la balle au « maître d’ouvrage », désigné comme responsable de certains retards. C’est le cas, notamment, de la réalisation de la nouvelle ligne ferroviaire à voie unique Relizane-Tiaret-Tissemsilt sur 185 Km. Selon le document de l’ETRHB, et contrairement aux reproches des autorités, le chantier « n’a jamais été arrêt » et «les travaux se déroulent dans de bonnes conditions ». La société demande « au maître d’ouvrage de lever les contraintes persistantes ». Il s’agit notamment de problèmes de d’oppositions et de non-finalisation d’études de certains tronçons.

Le texte intégral des réponses d’Ali Haddad à Tebboune by Anonymous uKab5aIwr on Scribd

Dans d’autres cas, la société des frères Haddad donne des arguments déroutants. Ainsi, pour le cas du chantier de l’évitement de la ville de Boumerdès, l’ETRHB rappelle que le projet a connu un « arrêt continu de 58 mois (…) » et que « les travaux d’enrobé restants sont subordonnés à l’achèvement de l’ouvrage d’art en cours de réalisation par l’entreprise publique Septa ». Autant dire que tous ces retards sont imputables à l’Etat et non à l’ETRHB.

Dans chacune de ses réponses, l’entreprise de Haddad donne les chiffres des montants des impayés du maître-d’ouvrage, c’est-à-dire le ministère des Travaux publics. Ce montant se chiffre à des milliards de dinars. Rien que pour les projets de la ligne ferroviaire à voie unique Relizane-Tiaret-Tissemsilt et celle de la double voie électrifiée Tlemcen-Akid Abbas et Oud-Tlélat-Akid Abbas, les montants du préjudice dont se plaint l’ETRHB est respectivement de 4,9 milliards de dinars et de 3,53 milliards de dinars. De quoi donner le tournis.

Malgré cela, l’ETRHB termine ses exposés par la même formule : « Au vu de ce qui précède, la mise en demeure est injustifiée et infondée et réitère son entière disponibilité à œuvrer en commun avec le maître de l’ouvrage pour la réalisation du projet dans les meilleures conditions».