La cellule de traitement du renseignement financier (CTRF) ne chôme pas. Crée en 2002 pour détecter des mouvements anormaux de capitaux ou de comptes suspects, l’organisme, rattaché au ministère des Finances, a reçu, rien que pour les 6 premiers mois de l’année en cours, plus de 680 déclarations de soupçons. C’est ce que vient de déclarer cette institution dans un communiqué repris par l’APS.

Les rapports envoyés par les banques et établissements financiers sont appelés « déclarations de soupçon », alors que ceux transmis par la Banque d`Algérie, les douanes et la Direction générale des impôts (DGI) sont intitulés « rapports confidentiels », précise la même source. C’est dans ce cadre que la CTRF a reçu 77 rapports confidentiels au 1er semestre de l’année en cours (contre 168 sur l’ensemble de l’année 2016). Ils ont été établis par certaines administrations dont essentiellement les Douanes et la Banque d’Algérie.

Faisant la comparaison avec les mêmes semestres des années précédentes, la CTRF fait état d’une « baisse du nombre de déclarations de soupçons » qu’elle explique par « les mesures de vigilance, les procédures de contrôle mises en place par les banques pour la surveillance des transactions permettant de déceler particulièrement les opérations douteuses ainsi que l’adoption, dans le cadre des meilleures pratiques internationales, d’une approche de suivi basée sur les risques ».

Cela ne signifie, pourtant, pas que les déclarations transmises au CTRF sont porteuses de vrais soupçons. « Il a été (…) relevé que certaines déclarations de soupçons n’avaient aucun lien avec le blanchiment d’argent et ne nécessitaient donc pas la transmission de déclaration de soupçons », précise le CTRF. Toutefois, « lorsque le soupçon est avéré, les informations reçues font l’objet d’un traitement judiciaire par la transmission du dossier aux autorités judiciaires concernées conformément aux dispositions de la loi de février 2005, modifiée et complétée, relative à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme sur la base des éléments fournis par les Banques, la Douane et la Banque d’Algérie », explique cet organisme.

Mais ce qui n’est pas relevé dans le communiqué est que des infractions publiques sont commises aux règles financières. Mais aucune autorité ne réagit.