La situation ne cesse de se compliquer pour les milliardaires algériens car après Ali Haddad, le patron de l’ETRHB, le premier groupe privé dans les travaux publics, c’es au tour d’un autre richissime entrepreneur de se retrouver dans le collimateur des autorités.  En effet, à Constantine, à l’est du pays, c’est Blikaz Saâd Eddine, fils du célèbre et richissime homme d’affaires, Abdelalli Blikaz, qui vient d’être averti, cette fois-ci, par le ministère de la Défense nationale en raison des retards accusés dans un projet qui vaut 952 millions de dinars, à savoir plus de 9 millions d’euros.

Ce projet porte sur le marché numéro 172/2014 du 5 novembre 2014. Il s’agit de la réalisation d’une nouvelle zone de détention à Constantine qui devra être gérée par l’armée au niveau de la direction des infrastructures militaires de 5e région militaire. La réalisation de ce projet a été confiée à Eurl ETHRB Blikaz. Il faut savoir que la famille Blikaz est une célèbre famille originaire de Constantine impliquée dans l’immobilier depuis de nombreuses années.

Mais concernant précisément ce marché avec le ministère de la Défense, depuis 2014, les travaux  n’ont pas dépassé les 14% alors que la fin du délai du programme est fixé au 26 février 2018.  Le ministère de la Défense nationale constate également la mauvaise qualité des travaux effectués.

Dans ce contexte, il  donne un délai de seulement huit jours (08 jours) à compter de la date de parution de cette mise en demeure, pour relancer les travaux arrêtés sans motifs valables, renforcer le chantier en moyens humains et matériels, approvisionner le chantier en matériaux de construction et surtout respecter les engagements contractuels. Ce nouveau avertissement intervient après plusieurs autres mises en demeure adressées à des hommes d’affaires puissants comme Ali Haddad. Il intervient aussi dans un contexte marqué par de vives tensions entre les “oligarques” et le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune lequel affirme vouloir en finir avec la mainmise du pouvoir de l’argent sur la politique.

Pour rappel, la famille Blikaz s’est fait connaître de manière fracassante sur la scène publique en 2005 lors de l’achèvement du procès qui l’opposait à la banque extérieure d’Algérie (BEA) depuis des années. L’affaire en résumé portait sur une violation d’une clause contractuelle qui stipulait que l’importation de fer initiée par Blikaz s’effectuerait selon la procédure de bateau par bateau. La BEA, au début des années 1990, n’a pas respecté cette forme et l’importateur s’est retrouvé avec 103 bateaux d’un seul coup dans le port. Les marchandises ont depuis subi beaucoup de dégâts sans parler des frais occasionnés par leur entreposage, les injonctions des douanes, les hypothèques et autres nombreux déboires endurés par la famille Blikaz.