Au moment où le gouvernement fait de l’indépendance de la justice un slogan, la réalité est démentie par les juges eux-mêmes. Les magistrats de la Cours des comptes sont les premiers à dénoncer, publiquement, les pressions qu’ils subissent et qui empêchent d’accomplir leurs fonctions.

Dans un communiqué rendu public, le syndicat de la magistrature dénonce « les pressions et les interférences » exercées sur les magistrats dans l’exercice de leur fonction. Pis, les syndicalistes dénoncent des « pressions suite à l’accomplissement de leur mission ayant conduit à des poursuites judiciaires contre certains responsables » syndicaux.

Dans leur missive, adressée au chef de l’Etat, les magistrats demandent au président de la République de « protéger les magistrats » et de « mettre en place des conditions idoines de travail à même de leur permettre d’accomplir convenablement leur mission relative à la préservation de l’argent public ». Ils ont également mis en cause la « marginalisation » de la Cours des Comptes de son rôle « dans l’accomplissement de ses missions constitutionnelle, au moment où le Président de la République ordonne la dynamisation de la Cour des comptes et des autres institutions de contrôle ».

La cour des Comptes s’est distinguée, ces derniers temps, par des rapports mettant en doute la gestion de certains responsables de l’Etat.