Les Algériens sont partagés entre étonnement et ébahissement. Alors que le pays traverse une terrible crise financière et attend des réformes économiques urgentes, le nouveau gouvernement n’a qu’un objectif en tête, la finalisation de la construction de la Grande mosquée d’Alger.
Le chantier, qui a déjà consommé une enveloppe de plus d’un millions trois cents mille dollars, accuse un retard de quatre mois en raison d’un différend entre les entrepreneurs chinois et les autorités algériennes, à propos des surcoûts concernant l’approvisionnement en matériaux de construction.
Le Premier ministre Abdelmadjid Tebboune s’est rendu sur le site cette semaine, l’occasion pour lui d’un mémorable coup de colère à l’encontre des responsables du chantier. « Je veux cette mosquée avant la fin de l’année, nous l’avons promis au président de la République », a-t-il asséné. Nommé dimanche dernier, Badreddine Defous est désormais le nouveau directeur de l’Agence nationale de réalisation et de gestion de la Grande mosquée d’Alger. Cette nomination fait suite aux retards accusés dans les travaux de réalisation, avec pour objectif d’en accélérer la cadence et permettre la livraison d’une partie du bâtiment (minaret, esplanade et salle de prière) dans les délais fixés, soit à la fin de 2017, en application du programme établi par le Président Bouteflika.
Badreddine Defous fait figure d’homme de la situation afin de rattraper un retard qui semble pourtant inévitable. Après avoir participé à la réalisation de plusieurs projets d’envergure nationale, dont la mosquée de l’Emir Abdelkader et le lancement du projet de réalisation de la ville nouvelle Ali Mendjeli dans la wilaya de Constantine, ainsi que la réalisation de la faculté des Sciences politiques et de l’information de l’Université Alger 3, le nouveau manager doit présenter des résultats significatifs d’ici au 15 août, selon les instructions du Premier ministre.

Un projet pharaonique cher à Abdelaziz Bouteflika qui lui permettrait d’entrer dans l’histoire de l’Algérie en lui offrant un édifice majestueux, et ainsi surpasser celui du roi du Hassan II en associant son nom à l’une des plus grandes mosquées du monde musulman. De fidèles partisans du Président algérien ont d’ores et déjà lancé une initiative afin que la Grande mosquée soit baptiser du nom… d’Abdelaziz Bouteflika.

Source : Maghreb-Intelligence.