La récente interdiction de l’importation de plusieurs produits alimentaires comme la mayonnaise, le ketchup, le chocolat et d’autres a suscité un véritable malaise au sein des banques algériens. Le mode d’emploi choisi par les autorités algériennes pose de nombreux problèmes. 
En effet, plusieurs banquiers algériens ont qualifié ces mesures “d’instructions opaques” envoyées par Fax et qui n’émanent pas de la Banque d’Algérie, mais de l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers (ABEF) qui a le statut d’une association chargée uniquement de la concertation interbancaire et uniformisation des pratiques.
Ses prérogatives ne lui permettent nullement d’émettre des instructions pour organiser le marché conformément à la loi sur les licences d’importation avec des avis du ministère du Commerce. En plus, dans les instructions communiquées aux banques par l’ABEF, les tarifs douaniers ne sont pas précisés plongeant ainsi les banquiers algériens dans la confusion générale.
A titre d’exemple, dans la première note envoyée par l’ABEF, les confiseries figurent dans la liste des produits interdits. Mais dans la deuxième note, elles ne figurent plus sur cette liste. Ce qui signifie que les importations des confiseries est toujours autorisée. Une telle contradiction peut susciter des situations compliquées dans les ports puisque les douaniers peuvent procéder à la saisie de ces produits importés arguant qu’une première liste a été bel et bien établie dans ce sens.

D’autre part, des banquiers constatent que ces notes ne font aucunement la distinction entre les importations des matières premières pour  les producteurs algériens et les importations spéculatives pour la revente en l’état. Cela nous laisse déduire que le gouvernement n’a aucune stratégie claire et précise. En plus, certains produits ont été oubliés alors que leur importation demeure inutile pour notre économie. Preuve en est,  la bière est toujours importée de l’étranger alors que l’Algérie dispose de plusieurs brasseries qui  couvrent  largement le marché. L’Algérie importe annuellement l’équivalent de  100 millions de dollars par an. Tout cet argent aurait pu être économisé si on confiait le marché uniquement aux producteurs locaux.
Toutes ces anomalies et incohérences démontrent clairement que les autorités algériennes accusent encore des déficiences en matière de gouvernance économique. Et cela peut compromettre dangereusement le développement de notre pays.