La guerre que se livrent, depuis quelques semaines, le premier ministre et le chef du patronat va faire tomber des têtes. A commencer par le secrétaire général de l’UGTA, Abdelmadjid Sidi-Saïd.

Au lendemain de la signature du document où les alliés de Haddad ont fait front commun contre le Premier ministre, des représentants syndicaux ont exprimé publiquement leur mécontentement de voir leur « représentant » s’allier avec les patrons. Ainsi, les syndicalistes des collectivités locales et d’autres fédérations locales ont envoyé des lettres de protestation au secrétaire général de l’UGTA pour exprimer leur étonnement de voir le représentant des salariés du pays s’allier avec des patrons contre un gouvernement qui « veut lutter contre les forces de l’argent ».

A en croire des indiscrétions, la colère contre Abdelmadjid Sidi-Saïd ne vient pas que de la base militante. Même au niveau de la présidence de la République, on a très mal apprécié cette association entre le représentant du syndicat et les représentants des patrons. Un signal aurait mêle été donné pour organiser un mouvement de redressement au niveau de la Centrale syndicale.

L’autre tête qui va certainement tomber suite à ce bras de fer est sans aucun doute Ali Haddad. Les jours du patron de l’ETRHB à la tête du FCE sont désormais comptés. Car, même au niveau de l’organisation patronale, on apprécie mal cette confrontation avec les représentants du pouvoir. La preuve est que de grandes figures du FCE ne se sont pas encore exprimées. Beaucoup ne veulent pas se mettre derrière leur patron, désormais lâché en « haut lieu ».

Cette « alliance » contre Tebboune ne va pas durer. La preuve est que 24 heures seulement après la tenue de la rencontre d’El-Aurassi, deux grandes organisations patronales se sont démarquées de l’initiative. L’association des investisseurs algériens (crée par Abdelouahab Rahim) et l’organisation des entrepreneurs du bâtiment, que préside Abdelmadjid Dennouni, ont dénoncé publiquement l’utilisation de leurs sigles dans le document signé par les soutiens à Ali Haddad.

La question qui reste sans réponse est celle de savoir si les autorités vont aller jusqu’au bout de leur logique ; c’est-à-dire traduire devant la justice les hommes d’affaires « véreux ».