C’est une loi qui est devenue ces dernières années une véritable pratique scandaleuse. Les voyageurs algériens qui prennent des vols long-courriers sont obligés de payer leurs billets d’avion à moitié en devises et l’autre moitié en dinars. Sauf pour verser ces devises, ils doivent subir le diktat des vendeurs du marché parallèle parce les banques ne sont pas autorisées à leur vendre des euros ou des dollars. 

C’est une aberration. Officiellement, un voyageur algérien n’a pas le droit de payer en dinar la totalité de son billet d’avion si son prix dépasse les 80 mille Da. Lorsqu’il prend un vol long-courrier avec une compagnie étrangère, il est obligé de s’acquitter de 80 mille Da et de payer le reste en devises. A titre d’exemple, un billet Alger-Los Angeles, avec la compagnie Air France coûte en ce moment environ 195 mille Da.

Le voyageur algérien doit débourser uniquement 80 mille DA et s’acquitter du reste, 110 mille Da, en euros. Sauf que ces euros, il doit les acheter au marché parallèle à un taux d’un euro = 193 Da alors qu’au niveau de nos banques, le taux de change est fixé pour un euro = 124 Da. Ensuite, il doit se rendre à une banque agréée pour verser les devises acquis… au marché parallèle. Et entre temps, le prix du billet change complètement parce que le voyageur algérien subit les fluctuations du marché parallèle. Un jour, l’euro vaut 193, le lendemain 195, etc. La banque n’est pas autorisée à vendre des devises à nos concitoyens. Alors au lieu de convertir les 110 mille DA selon le taux de change  officiel de 124 Da, le citoyen algérien doit acheter les devise selon le taux de change parallèle qui  dépasse toujours les seuils de 190 Da.

Un seul organisme est normalement autorisé à vendre des billets d’avion en dinars pour les voyages long-courriers. Il s’agit du Touring Cub d’Algérie, une agence publique. Or, dans ce cas de figure aussi, le voyageur algérien est arnaqué puisque pour payer son billet uniquement en dinars, il doit présenter plusieurs pièces justificatives ! Il s’agit d’un registre de commerce, Une certificat d’existence délivré par les services des impôts,  la carte fiscale et un bon de commande. Une longue procédure administrative pour un simple billet d’avion.

Si ces documents font défaut, il est contraint de payer également une bonne une partie en devises. Et au Touring Club Algérie, on applique une politique tarifaire très différente de celle que proposent les agences de voyages privées. Preuve en est, pour le même billet Alger-Los Angeles, il faudra sortir, d’abord, 130 mille Da et 1100… euros ! En clair, ce billet passe à plus de 270000 mille Da. Une véritable arnaque et les Algériens n’ont nullement le droit de se plaindre.