Présentée comme une seconde chance pour les candidats retardataires, la deuxième session du baccalauréat tourne au fiasco. Un fiasco qui a coûté plusieurs milliards de centimes au Trésor Public et collectivités locales. Explications. 

Au deuxième jour des épreuves, le taux de candidats absents a atteint près de 89% dans certains établissements. Un chiffre effarant en vue des moyens mis en place par les autorités pour la tenue de cette épreuve.

Selon les chiffres récoltés auprès des différentes directions de l’Education à travers les régions du pays, le taux de l’absentéisme a déjoué tous les pronostics. Les absents se comptent notamment parmi les candidats libres qui ont brillé par leur absence lors de la session « normale » de mois de juin dernier.

Cet échec était réellement prévisible. Alors que la ministre de l’Education a voulu se montrer plus sévère envers les retardataires, dont la majorité est soupçonnée d’avoir provoqué ces retards dans le but de pouvoir tricher dans le cas où les sujets fuitent, le chef de l’Etat a fait dans le populisme en demandant l’organisation d’une deuxième session pour non seulement les retardataires, mais aussi pour les absents. Ils sont 104 000 candidats à être concernés. Et tout le monde savait, au ministère de l’Education nationale, que ces candidats n’allaient pas répondre à la main tendue pour une seconde chance.

Malgré le caractère populiste de la décision, le ministère de l’Education nationale a mis tous les moyens afin de limiter les dégâts. Des internats ont même été ouverts pour loger et nourrir les candidats qui habitent dans les régions éloignées. Mais rien n’est fait. Est-ce pour cela que la ministre de l’Education n’a pas participé au lancement de cette session spéciale ?

En tout état de cause, ce taux d’absentéisme montre à quel point l’immixtion de la politique dans la pédagogie ne peut être qu’un échec. Un échec coûteux puisque pas moins de 299 centres d’examens ont été mobilisés à travers le territoire national pour accueillir normalement les 104.036 candidats, dont 10.082 candidats scolarisés et 93.954 candidats libres, répartis à travers le pays. En plus du budget nécessaire pour l’organisation des épreuves dans ces centres, il faut rajouter également les salaires du personnel, qui se compte en milliers, mobilisé pour surveiller des candidats fantomatiques.

Rappelons enfin que chaque année, l’Algérie dépense une centaine de milliards de centimes pour organiser le BAC. Ce budget n’a jamais fait l’objet d’une enquête sérieuse ou minutieuse. Aucun communication sur ce sujet n’a été fait par les autorités. La gestion de cet argent public soulève de nombreuses interrogations.

En France, le coût du bac, qui est une invention française, en 2013 était de 1,5 milliards d’euros. Dans ce pays, un débat a été enclenché pour  privilégier le contrôle continu
Et les épreuves orales en première. Le bac pouvant être obtenu avec l’assiduité pendant l’année et les épreuves chaque trimestre. Selon plusieurs pédagogues, il faut réformer en urgence le fonctionnement du bac en Algérie.