A Guerbouz, l’un des quartiers populaires les plus importants de la ville d’Ouargla, au sud du pays, les habitants sont assoiffés en pleine canicule.  En 2017, il faut toujours aller acheter de l’eau potable à partir de 100 Da. Et pourtant, en février 2015, une station d’épuration d’eau a été inaugurée dans ce quartier populaire. 

Une station livrée, aujourd’hui, entièrement à l’abandon et l’anarchie. Mise à l’arrêt, ses équipements servent aujourd’hui de refuge pour les enfants de cette ville du sud du pays martyrisée par la mauvaise gouvernance. Le gâchis est immense et inexplicable. Cette station devait soulager toute une région qui souffre de la remontée de l’eau salée.

Elle devait procurer de l’eau potable à une localité fortement peuplée et en souffrance. Malheureusement, en deux ans uniquement, cette station a été sabotée et mise hors d’état de fonctionner.

Et pourtant, cette station d’épuration a été réalisée dans le cadre d’un programme adoptée par la Présidence de la République en 2010. Un programme de réalisation de 9 stations d’épuration autour de la région d’Ouargla. Un programme qui avait nécessité, à l’époque, une enveloppe de 220 millions de dollars ! Un groupement autrichien-chinois (VATECH WABAG-CGC) avait été chargé de mettre en place ce programme. Malheureusement, à Guerbouz, cet investissement a donné lieu à un immense scandale de dilapidation de l’argent public.

Les Autrichiens et les chinois sont partis en 2015 et l’eau dessalée n’a jamais coulé dans le robinet des citoyens d’Ouargla. Ces derniers continuent toujours d’acheter de l’eau potable à 100-150 DA par jour alors 220 Millions de dollars mobilisés pour lutter contre l’eau salée qui pollue les nappes phréatiques de la région sont, visiblement, partis… en fumée.

A Ouargla, les habitants ne réclament qu’une seule chose : une enquête sérieuse du gouvernement pour corriger rapidement cette injustice.