Lors de l’annonce du nouveau gouvernement d’Abdelmadjid Tebboune, le limogeage de Noureddine Bouterfa, l’ex-ministre de l’Energie, avait suscité de nombreuses interrogations. Personne ne s’attendait au départ de celui qui avait réussi à gérer l’extraordinaire Sommet de l’OPEP organisé à la fin septembre 2016 à Alger. 

Un sommet qui s’est achevé par un accord historique en faveur d’une réduction de la production des barils de pétrole. Le succès fut énorme et Noureddine Bouterfa a été salué sur la scène internationale. Mais, à peine six mois après, celui qui était destiné à rester encore longtemps au ministère de l’Energie a été dégagé dans des conditions troublantes. Que s’est-il donc passé ?

En vérité, la décision de se débarrasser de Noureddine Bouterfa a été prise par la Présidence de la République, a appris Algériepart suite à ses investigations. A partir de mars-avril 2017, Bouterfa avait tenté d’imposer sa mainmise sur la Sonatrach en préparant un projet qui avait irrité le Président Bouteflika et son entourage. En effet, l’ancien ministre de l’Energie voulait imposer un nouveau mode de fonctionnement au sein de la très stratégique Sontarach. Il ambitionnait de revoir le mode de nomination des Vice-Présidents du groupe pétrolier. Ces derniers sont nommés suivant un décret présidentiel et leur nomination doit, d’abord, être validée par le Chef de l’Etat et ses conseillers.

Bouterfa voulait, au contraire, que ses vice-présidents soient désignés par le Conseil d’Administration de Sonatrach et le ministère de l’Energie. Le projet était en préparation et Bouterfa espérait le faire aboutir pour asseoir son pouvoir sur la Sonatrach et renforcer son indépendance vis-à-vis des politiques. Mais, l’ancien ministre, ignorait que ce plan contrariait au plus haut point le Palais d’El-Mouradia. Pour Abdelaziz Bouteflika, la Sonatrach c’est plus important et délicat qu’un département ministériel et il n’est pas question de perdre la main sur la nomination de ses hauts cadres.

Le projet de Bouterfa est rapidement bloqué et suspendu suite à… un simple appel téléphonique. Quelques semaines plus tard, le ministre de l’Energie est prié de quitter ses fonctions. La Présidence le remplace par Mustapha Guitouni, un autre manager de Sonelgaz. Et depuis, personne n’ose toucher aux privilèges de Bouteflika au sein de la Sonatrach.

Rappelons enfin que la compagnie nationale de production des hydrocarbures compte plusieurs vice-présidents.  Un vice-président amont, un autre vice-président aval, un vice-président chargé de la commercialisation et un vice-président transport par canalisations.