Tous les Algériens connaissent les walis. Mais très peu d’entre-nous connaissent réellement leurs missions, leurs rôles ou leurs prérogatives. 

Un Wali est un haut fonctionnaire de l’Etat algérien qui dirige toute une wilaya. En Algérie, la wilaya est une collectivité territoriale décentralisée. Elle a un territoire, un nom et un chef-lieu. La wilaya est une collectivité territoriale de l’Etat. Elle est dotée de la personnalité morale et del’autonomie financière. Elle est également une circonscription administrative déconcentrée de l’Etat. La wilaya est dotée de deux organes : une assemblée populaire de wilaya, organe délibérant,et un wali, organe exécutif délégué du gouvernement.  Chaque wilaya couvre un nombre précis de Daïras et de Communes.

Le wali Algérien dispose d’une inspection générale qui est placée sous son autorité. Elle a pour mission d’évaluer les activités des organes et structures pour prévenir les défaillances et proposer les correctifs nécessaires et veiller au respect permanent de la législation et de la réglementation.

Le Wali dispose également d’un cabinet qui est composé d’un chef de cabinet nommé par décret présidentiel, ce dernier assiste le wali dans l’exercice de ses missions et sous sa réserve. Il reçoit délégation de signature du wali, dans la limite de ses attributions.

Dans notre pays, le wali a aussi un secrétariat général qui est dirigé par le secrétaire Général, chargé du suivi du développement. Ce dernier est le deuxième responsable après le wali et est sous son autorité.

Le secrétaire général assiste le wali dans la mise en œuvrede ses missions. Il est chargé notamment:d’animer, coordonner les activités des services composants, veiller au fonctionnement del’ensemble des services, initier, en collaboration avec les différents services concernés, lesplans d’investissement de la wilaya et assurer le suivi de l’exécution. Il a pour mission d’assurerle suivi de l’exécution des délibérations de l’APW et des décisions du gouvernement,faire une synthèse du rapport annuel sur le fonctionnement et les activités des services del’Etat dans la wilaya et présider les commissions et comités à caractère administratif et technique.

Il remplace le wali en cas d’absence ou d’empêchement et exerce, à ce titre, toutes les prérogatives.

Dans sa région, le wali jouit des pouvoirs présidentiels.  Il reste l’acteur majeur de l’organisation de la wilaya et jouit d’amples pouvoirs non seulement en tant que représentant de l’Etat mais aussi en tant que représentant de la wilaya et en tant qu’exécutif des délibérations de l’Assemblée Populaire de la Wilaya dont les membres sont élus suite à des élections locales.

Le Wali en Algérie est fonctionnaire puissant qui n’est pas responsable devant la représentation populaire. Les articles 83 à 91 du chapitre I du code de wilaya relatif aux “pouvoirs du wali au titre de l’exécutif de l’APW”, octroient au wali un pouvoir exécutif des délibérations. L’affectation des projets sectoriels, de contrôler les dépenses, de suivre l’exécution des investissements publics, d’évaluer la qualité de travail fourni et veiller au respect des délais de réalisation, toutes ces missions relèvent des prérogatives du Wali.

Tous ces pouvoirs font du wali un fonctionnaire stratégique, mais aussi très controversé car en 2017, au moment où beaucoup de pays à travers le monde optent pour la régionalisation avancée et des élus régionaux impliqués dans la gestion locale, en Algérie, un Wali concentre entre ses mains tous les pouvoirs. Et lorsq’ils échouent, les walis sont rarement sanctionnés, rappelés à l’ordre. Au pire, ils sont mutés dans d’autres régions. Ils ne rendent compte qu’au Président de la République et accessoirement au ministère de l’Intérieur.

Jusqu’à aujourd’hui, le conseil de la Wilaya ne peut que donne son avis sur tous les projets implantés sur le territoire de la wilaya. Pour de nombreux experts, il s’agit d’une organisation arriérée qui explique le sous-développement dont souffrent de nombreuses régions dans notre pays.