C’est, Abdelkader Benghabrit, distingué de la grande croix de la légion d’honneur et grand-père de notre actuelle ministre de l’éducation nationale qui a en premier dirigé la mosquée de Paris.

Cet ancien cadre des affaires étrangères français, consul général de France pendant la première guerre mondiale, Grand chambellan du sultan du Maroc a fondé la mosquée de Paris et y resta en tant que directeur jusqu’à sa mort en 24 Juin 1954.

C’est alors son neveu, Ahmed Ben Ghabrit  qui lui succéda pendant une brève période de deux années, car considéré comme trop proche du FLN, il avait d’ailleurs dénoncé les tortures en Algérie ce que n’aura pas apprécié le gouverneur général de l’Algérie : Robert Lacoste.

En 1957, Guy mollet, l’homme d’Etat français et franc-maçon, impose, malgré la condamnation du conseil d’état et en pleine guerre d’Algérie, le très controversé “recteur’’ Hamza Boubakeur issue d’une famille de notable adoubée par la France, et ce en vertu des pouvoirs spéciaux dont il jouissait.

Il est le père de l’actuel recteur de la mosquée de Paris : Dalil Boubakeur.

Hamza Boubakeur, brillant enseignant ayant entamé ses études chez les pères blancs est né en Juin 1912, il a rejoint le parti socialiste (SFIO), puis l’assemblée nationale, il aura quand même échoué à se faire élire député, il aura, entre-autres participé en mars 1955 en tant que conférencier et conseiller de l’Action Psychologique du 5e Bureau de l’armée qui cherchait à désavouer le nationalisme au nom de l’Islam.

Après avoir, une fois encore, échoué à imposer un cessez-le-feu dans les Aurès dans des négociations secrètes et ayant eu peur des représailles de l’ALN, il rejoint Paris en y installant la société des Habous, entreprise qui gère la grande mosquée.

Il est resté très proche des thèses de l’Algérie Française, ce qui l’a, d’ailleurs, poussé vainement à militer pour la scission du Sahara algérien ou il s’y voyait président.

En 1982, peu avant sa disparition il cède la société des Habous aux autorités algériennes contre ses biens confisqués par la Révolution.

Il est remplacé par le diplomate algérien Cheikh Abbas durant sept années de 1982 à 1989 jusqu’à sa mort, puis de 1989 à 1992 par Tedjini Haddam, l’ancien ministre des affaires religieuses, ministre de la Santé, et ambassadeur à Tunis et Riyad avant que celui-ci ne rejoigne le HCE.

Dalil Boubakeur, est nommé recteur de la mosquée de Paris depuis Avril 1992, il est né en novembre 1940, il obtient son diplôme en… cardiologie, il a épousé une infirmière auvergnate connue durant ses études, il aura été Vice-président de l’ordre des médecins, président de l’amicale judéo- musulmane, médaille de vermeil de la Ville de Paris et il est franc-maçon et médaillé de la légion d’honneur.

Ses détracteurs lui reprochent sa méconnaissance de l’Islam et sa faible maîtrise de la langue arabe, il reste, toutefois, un fin négociateur pour avoir su se maintenir et être reconduit tous les deux ans à la tête de cette institution. Mais à quel prix ?

L’Algérie soutient la Mosquée de Paris avec un budget de l’ordre de deux millions d’euros par an.

La certification halal est un business florissant qui est une source de revenus très importante, il perçoit également des dons de grandes surfaces tel que Casino pour y placer les produits halal…

En plus de la Zakat et dons des fidèles musulmans ou d’Etats étrangers, il perçoit et des subventions déguisées de l’administration en contournant la loi sur la laïcité, en faisant financer non pas le cultuel mais le culturel tel que la bibliothèque, le hammam ou le restaurant dans l’enceinte de la mosquée.

Le gouvernement algérien contrôle totalement la grande Mosquée de Paris et y dispose d’hommes de main et de relais dans l’administration de ce haut lieu de culte parisien à l’instar du N° 2 de la grande mosquée Mohamed Louanoughi, ex- membre des services de sécurité en Algérie, du responsable de la communication proche parent d’un haut cadre de l’Armée,  une proximité telle que l’actuel ministre des Affaires Religieuses aurait même lancé une procédure officielle d’appropriation de la mosquée.

A quoi sert aujourd’hui cette mosquée sensée être une source d’inspiration de l’islam pour les musulmans en France ? Elle aura perdu son aura car gérée par des hommes qui se sont davantage occupés de gérer leur confort financier que de contrer la montée de l’islamisme et le radicalisme par exemple.

Elle aura échouée également à apporter les réponses que posent les nouvelles générations prises dans la mutation de l’environnement et d’adapter le discours religieux aux exigences du temps.

Concrètement et sur le terrain elle ne contrôle plus, ni les mosquées, ni les fidèles algériens qui auraient pu constituer par la simple loi du nombre un magnifique contrepoids à la politique française envers notre communauté.

Appeler à voter Macron est bien, mais pour quelle contrepartie ?

Les imams aujourd’hui se constituent en entreprise civile immobilière, créent leur propre association, subviennent à leurs charges en exploitant les même astuces qui assurent à la mosquée une partie de ses revenus : le halal, les dons, les subventions ‘’détournées’’.  Elles y gagnent en autonomie et échappent à l’emprise de la mosquée et d’Alger…

A quoi bon garder Dalil qui est l’incarnation filiale de l’échec ? Pourquoi ne pas réfléchir à une nouvelle dynamique autour d’Oulémas affirmés et reconnus ? A quand une Reconquista de la foi et de l’islam véritable à travers les véritables valeurs de notre rite malékite ?

Il est grand temps de laisser place à du sang neuf et il n’en manque pas dans notre communauté en France.