Avec la complicité de l’Agence National de l’Amélioration et du développement du logement (AADL), des sociétés de construction ayant participé à la réalisation du premier programme de 50.000 logements se sont dérobés à leurs engagements contractuels.  C’est le cas du Groupe Egyptien Arab Contractors  qui a livré un projet de 1500 logement à Ouled Fayet, son premier du genre en Algérie.

Livrée en 2004 à l’AADL, et inaugurée en grande pompe par le Président de la République, ce projet, appelée aujourd’hui « cité Oulami Ahmed » menace tout simplement ruine après à peine 13 ans d’existence. Faute d’un système de drainage initial d’eau, de la mauvaise qualité des tuyauteries d’évacuation des eaux usés et d’étanchéité murale et des terrasses, les caves de la quasi totalité des 44 bâtiments que comptes cette cité sont inondées depuis des années rongeant ainsi le béton des poteaux supportant les immeubles de 9 étages. Tenue pourtant par une clause contractuelle dite « Responsabilité Décennale » prévue par la loi 11-04, qui somme les sociétés à prendre en charge tous les dommages qui surviennent sur les immeubles 10 ans après leur livraison,  Arab Contractors n’a reçu à ce jour aucune mise en demeure pour respecter ses engagements.

Ce qui est surprenant c’est que cette société égyptienne a bénéficié d’autres plans de charge de logement ADDL notamment à Alger (3000 logements à Ain El Malha) alors qu’elle a failli à ses engagements sur un ancien site.

Les locataires sont désabusés face à l’irresponsabilité et le mépris des services de l’AADL à leur égard malgré les incessantes réclamations. C’est de leur vie dont-il s’agit pourtant !  Faisant l’impasse sur les autres problèmes d’hygiène, de pannes d’ascenseurs et de sécurité, les locataires veulent à tout prix sauver leurs demeures. Des demeures tant attendues et pour lesquels ils ont payés, rubis sur angle, les charges mensuelles d’entretient et de gardiennage tout au long des 13 dernières années sans contreparties. Des charges qui s’élèves à 2400 dinars /mois pour chaque appartement. Un simple calcule des charges payées par ces  locataires sur les 13 dernières années fait ressortir un montant dépassant les 56 milliards de centimes pour seulement 44 immeubles. La moitié de ce montant aurait suffit pour entretenir tous les bâtiments de la cité soit (prés de 7 millions de dinars/ immeuble). Où est passé alors l’argent des locataires ? L’AADL  se doit de répondre à cette question.

D’après une source sure de l’AADL qui a demandé à garder l’anonymat, Il trouve anormale, voire suspect, le fait de ne pas adresser des mise en demeure à certaines entreprises de réalisation étrangères ayant réalisé le premier programme des 50.000 logements AADL.

Notre source ajoute, qu’il a des centaines de plaintes formulées par les locataires concernant le problème d’étanchéité et des vices cachés, de manque de drainage d’eau pluviales,….etc. des dommages qui relèvent directement de la responsabilité directe des promoteurs immobiliers conformément à la Loi n 11-04.

Faute de prise en charge, plusieurs locataires ont décidé d’ester en justice l’AADL pour les manquements enregistrés sur leur logement.  A ce  rythme de dégradation avancée, les anciens bâtiments AADL ne seront tout simplement plus habitables.