A l’Université de Mostaganem, une enquête de terrain a été réalisée par des chercheurs universitaires qui ont ciblé un groupe de cinq jeunes étudiants, tous inscris en parcours de licence française à l’université de Mostaganem.

Ces enquêtés jeunes avaient été retenus du fait que, lors de la pré-enquête réalisée en terrain, ils nous avaient déclaré constituer un groupe. Les chercheurs ont donc choisi d’approcher ce groupe, via des représentations socio-langagières, pour voir comment s’effectuerait la « mise en mots » de leur façon de faire usage de la langue dite ordinaire ; en d’autres termes, tenter d’étudier ce qui ressort de leur discours épilinguistique comme indice de leur conscience linguistique en relation avec la structure d’appartenance commune qui est le groupe des pairs.

  • Respectivement : Yasmine, Sarah, Wassila, Sofiane et Mohamed.
  •  J’ai été présenté par cet enquêté comme une ancienne connaissance.

Le groupe d’étude se compose de cinq membres, trois filles et deux garçons. Nous avons fréquenté le groupe durant plusieurs semaines afin de tenter de dresser son réseau relationnel. Notre contact avait été facilité grâce à un membre (Yasmine) qui a énormément permis notre intégration parmi eux, en dépit de quelques réticences au départ de certains membres.

  • 18 Comme le souligne Jacques Bres (1999) : « Une seule question initiale la moins contraignante et la (…)

La part du corpus que nous retenons ici (les entretiens) a été recueillie par la technique de l’entretien semi-directif, technique adoptée parce qu’elle permet de faire parler au maximum le sujet informateur. Les entretiens se sont tous déroulés à l’université de Mostaganem, lieu d’études de ces jeunes. Le guide d’entretien comporte des questions qui portent sur diverses thématiques mais ces dernières sont toutes en relation avec la façon qu’ont les jeunes de parler la langue de tous les jours, et se sont succédées dans l’ordre suivant : a) la façon de parler -b) quel(s) terme(s) pour dire le mélange -c) le cryptage du langage -d) le groupe et l’étranger. Il s’agissait en effet pour nous de passer en revue différentes manières de signaler l’appartenance au groupe.

Résultats et interprétation 

  •  Enoncé1 renvoie au texte à : E1, (déclaration de l’enquêté interrogé).

La façon de parler « jeune » se résume (rait), à une action davantage sur des mots que sur une langue avec une véritable grammaire, selon les dires des enquêtés, et cela traduit, entre autres, à travers le procédé de la déformation adjectivale (Enoncé1, 2) qui revêt une dimension essentiellement ludique pratiquée par les garçons de la bande à l’encontre des filles. Apparait aussi l’aspect de « l’humour » qui s’attache à la prise de parole (le but étant de ne jamais se prendre au sérieux).

  • 20 Conventions de transcription : INALCO (Institut National des Langues et Civilisations Orientales), (…)
  • 21 Les traductions qui figurent en français et entre guillemets sont de l’auteur.

Enquêteur : qu’est-ce qui vous parait spécifique dans votre façon de parler ?
E 1 : « C’est plus des paroles, des mots éparpillés, isolés ». (Sofiane)
Enquêteur : vous pouvez me donner des exemples ?
E 2 : « par exemple « / m : i n waĥda fi/ les filles / tahdeer/ (quand une des filles parle), on lui dit : / t :e surt/ (t’es sûre) pour la taquiner un peu , ou quand une des filles s’énerve, on lui dit :/ nerv/ »( pour énerve toi) » (Sofiane)

19Nous retrouvons aussi la stratégie de la « verlanisation », technique qui sert une finalité de dérision entre pairs (Enoncé 3). Aussi à travers les déclarations, se dégage un regard épilinguistique (discours sur le discours) sur la façon de parler à l’intérieur du groupe (les filles), sous-tendu par une conscience des indices de catégorisation socio-linguistique (Enoncé 4). Parler la langue correctement signifie parler un langage classique, c’est-à-dire perçu comme trop raffiné par (et pour) les jeunes :

Enquêteur : Et au niveau des phrases, vous faites aussi des déformations ?
E 3 : » oui, on dit : « c’est le compte qui geste » (pour c’est le geste qui compte), « laisse béton » (pour laisse tomber) /teeni/ (aussi) « phocotopie » (pour photocopie), » meuf » (pour femme : réalisé avec altération), on dit souvent « reste /tren :ki : l/ , /m : in w : aĥed / (quand quelqu’un) il veut se la jouer (reste tranquille : réalisé selon une sorte de cliché mélodique avec « dénasalisation » de la voyelle). Aussi, « il, c’est top méga grave cool » (Sofiane).
E 4 : « Les filles, elles disent, par exemple, « qu’est-ce que /tsu/ (tu) dis » ? (Sofiane)

  • Déformation/verlanisation : À la base, il s’agit de l’inversement des syllabes (de leur ordre) dans (…)

La déformation/verlanisation, comme stratégie conversationnelle entre locuteurs jeunes, traduit implicitement une volonté de « se dire » autre et autrement à travers la désignation des objets et des personnes. L’on retrouve la dimension de la dérision qui semble constituer la règle dans la prise de parole chez eux. À noter aussi que cette désignation se pratique dans l’excès, surtout quand il s’agit de nommer l’autre, qu’il soit familier ou étranger au groupe des pairs. D’autres fonctions sont à comprendre et à faire valoir, à travers cette surenchère verbale (qui passe ici par la succession/superposition d’adjectifs de la valorisation) comme la « mise en scène » voire la spectacularisation de» soi » et de l’«  autre » dans le groupe (« il, c’est top méga grave cool »).

  •  Cette technique de la « verlanisation » (le recours aux mots du verlan) était au départ surtout le (…)
  • D’abord, parce que ces jeunes s’expriment dans une langue qui leur est essentiellement étrangère, c (…)

À travers cette (sur)valorisation d’un des membres du groupe par ses pairs se cache une certaine solidarité intrinsèque et, semble-il, nécessaire à l’existence du groupe et qui peut passer par une reconnaissance mutuelle. « Il »prend ici la valeur de « tu » ; l’autre n’est donc jamais directement ni explicitement nommé/sollicité, ce qui souligne la dimension essentiellement ludique qui s’attache quasi-systématiquement à cette production jeune. Ainsi, on assiste à une déformation/déstructuration des règles grammaticales de base, qui opère chez ces jeunes comme une stratégie de démarcation sociale qui passe par le linguistique ; le linguistique qui permet encore une fois, de se dire autrement en disant l’autre. À noter au passage (Enoncé 3) que la technique de la verlanisation s’opère ici essentiellement en français et revêt ainsi une fonction doublement cryptique. Ce procédé de la « verlanisation » constitue pour ces jeunes un moteur essentiel de créativité et de perpétuelle déconstruction des unités signifiantes de la langue.

Mais il faudrait dire aussi, que la dimension de la minoration (voire la charge) sociale via le cryptage qui est exprimée derrière ce type de constructions « verlanisées », a cédé le pas à une dimension purement ludique ; ces mots, expressions sont devenus, pour la plupart des termes très repris et ont même dépassé le cercle des jeunes pour atteindre un cercle plus large, celui du parler populaire.

À noter, la profusion et l’abondance de la création lexicale où, le français est largement présent (Enoncé 5), ce qui fait que nous obtenons en fin de compte une production lexicale innovante par « association linguistique » qui viendrait beaucoup plus du contact entre l’arabe dialectal (langue maternelle des enquêtés) et le français (langue seconde apprise à l’école). Le mélange de codes devient de ce point de vue, un registre qui souligne pour ces jeunes la spécificité de leur parler jeune. Quelques exemples proposés viennent illustrer ces propos :

  • 25 Traduction : (T’es (tu es) irrésistible) : le mélange arabe dialectal/français. On note ici aussi l (…)
  • 26 Traduction : « T’es (tu es) trop… » : calque littéral de l’expression en français familier (t’es (…)
  • 27 Traduction : « Je la connais celle-là » : calque littéral de l’expression en français familier à l’ (…)
  • 28 Traduction : « Mon partenaire, mon pote » : Ce vocable réalisé en arabe dialectal est très usité et (…)
  • 29 Traduction : « Tu me la joues Bachelor » : on reconnait là aussi l’influence de la télé réalité, ré (…)
  • 30 Traduction : « Morceau » : calque intégral de l’expression (assez vulgaire et de son sens) en franç (…)
  • 31 Traduction (Des filles craquantes) : Ce mot « morsow », au pluriel, qui en arabe dialectal est fémi (…)
  • 32 Traduction : « une bombe » : mot résultant d’une suffixation parasitaire (lexique de l’exagération) (…)
  • 33 Traduction : « une colle » : référence faite à la colle (forte) de marque « Patex » pour dire d’une (…)

Enquêteur : Est-ce vous avez des formules…formules « mélangées » (arabe/ français) qui soient de votre création ? Vous pouvez me donner des exemples ?
E 5 : « oui, on en pas mal »
-/rããk film/(Sofiane)
-/rããk bezzaf/(Sofiane)
-/film laεeeb/(Amine)
-/šri : ki/(Sarah)
-/tgesaar liba : chlor/ (Ahmed)
-/t arf/ /(Ali)
-/morsowããt/ (Wassila)
-/bombax/ (Sofiane)
-/pããtex/(Yasmine)

Ces attributs fonctionnent aussi selon un procédé double de valorisation/ dévalorisation, toujours selon le principe de l’exagération, voire de la surenchère verbale :

  1. Valorisation des membres du groupe entre eux (/rak film/ : t’es trop).

  2. Dévalorisation de l’« intrus », de l’« étranger » de l’«  autre » (/Patex/ : t’es une peau de colle).

Mais aussi cette matérialisation (discours) de la façon de parler marque clairement une frontière par rapport au parler ordinaire qu’ils jugent le plus souvent « trop correct », et dans le même mouvement cherchent à introduire une dimension de dérision d’abord vis-à-vis d’eux même, et c’est en soi une façon de parler la langue, de jouer aussi avec les mots et leur sens. Il apparaît donc une nette conscience des indices d’appartenance sociale ; en traçant clairement la frontière entre « ce qui correct » et du coup acceptable du point de vue linguistique de leur point de vue, et « ce qui ne l’est pas » (ou « ne le serait pas » surtout), ces jeunes assignent à leur parler une fonction et une dimension purement sociologique voire « hiérarchisante » à l’intérieur du paysage urbain :

E 6 : « Quand on dit, par exemple : c’est le compte qui geste, c’est quand on ne veut pas se prendre au sérieux, quand on est fatigué de parler trop correct » (Yasmine)

Le sens se crée à travers l’association inédite des mots et émerge au fil du jeu des répliques entre les jeunes, mais aussi à travers le mélange de codes, qui intervient dans le cas de ces locuteurs algériens comme une nouvelle ressource langagière par-delà la simple juxtaposition d’énoncés dans les deux langues ; l’arabe dialectal servant de base de création, sans cesse alimenté par des emprunts/calques empruntés au français. La déstructuration de la langue, comme stratégie réputée « jeune » est une façon de souligner le refus de la langue circulante, ordinaire telle qu’elle se pratique, et en même temps une façon ou un mode d’appropriation de celle-ci par le biais de la transformation.

Ce qui est important à dire est que le mélange de codes constitue pour ces jeunes une ressource langagière supplémentaire en plus de l’usage séparé des deux codes. Poser la question (à ces jeunes) du regard sur la façon de parler bilingue nous permet d’abord de « matérialiser » la langue et par là même, de pouvoir noter les différentes représentations qui se dégagent à travers cette « mise en mots » de l’acte de parole.

Enquêteur : quel regard avez-vous sur le fait de parler arabe dialectal et français en même temps ?
E 7 : « Pour nous, c’est un « mélange complet », un peu d’arabe, un peu de français, un peu des deux quoi » (Wassila)

  • 36 L’expression est traduite littéralement de l’anglais « Ways of speaking », qui était proposée par G (…)

Le procédé nominatif de la façon de parler jeune par les « jeunes », se fait à l’aide de termes approximatifs voire flous (« un mélange complet »), ce qui indique, d’une part, cette difficulté chez eux de nommer explicitement et clairement leur pratique linguistique, et d’autre part, que ces locuteurs ne se représentent pas leur pratique linguistique comme « unie », dans le sens d’une seule langue, mais bel et bien un va et vient entre deux codes linguistiques, où le sens est à chercher encore une fois dans les associations inédites de mots, de segments et d’expressions que peuvent proposer les jeunes en vue d’une appropriation spécifique de ces deux codes disponibles immédiatement pour eux.

L’énoncé ci-dessus, traduit aussi la représentation d’un discours commun, résultat d’un consensus entre tous les membres du groupe qui est repris par l’un d’eux comme étant la réalité représentationnellement « matérialisée » par les termes de « mélange » et de « complet ».

La nomination de la pratique « langue » se fait ainsi de manière « consensuelle » chez ces jeunes ce qui indique encore une fois le sentiment de solidarité qui alimente sans cesse le groupe et qui lui assure sa nécessaire cohésion. Aussi nommer ici la langue, sa langue c’est lui donner un versant social, même si nous relevons le terme de « mélange » qui apparait comme vague mais qui renseigne sur une conscience de l’existence de deux codes, de deux langues qui sont utilisées non pas séparément mais ensemble.

Le mélange de code (qui critiquant au passage, la théorie du modèle linguistique uni et cohérent qui se suffit/irait à lui-même) est une preuve que la langue n’est pas un système figé mais une « actualisation » dans les usages (qui émerge dans et par l’interaction) comme un objet plus complexe et qui inciterait via le contact entre les langues, à la création et au jeu avec les mots par les mots, c’est-à-dire au jeu avec le sens des mots.

Ce qui est serait à l’ordre de cette étude, ce n’est plus la/les langue(s) en présence (dans le répertoire des locuteurs jeunes algériens), mais l’activité, ou bien la capacité (procédures) au travers de laquelle ces jeunes parlent, c’est-à-dire produisent « de la langue » ou plutôt du langage propre à eux avant tout.

33Le cryptage du langage fonctionnerait donc de façon consciente chez ces jeunes, même s’il n’intervient pas de manière systématique ; mais c’est précisément cette action volontaire qui donne à ce type de pratiques jeunes toute sa dimension « nécessairement » identitaire puisqu’elle cherche à construire une différence sociale/sociétale :

Enquêteur : éprouvez-vous quelquefois le besoin de masquer ou de « crypter » votre langage dans des situations et à des moments précis de la conversation ?
E 8 : » oui ». (Yasmine).
Enquêteur : le faites-vous consciemment ou inconsciemment ?
E 9 : « on le fait quelquefois mais consciemment » (Yasmine).

 

À travers le comportement sociolinguistique des enquêtés (l’aspect crypto ludique), se dessine une fonction d’identification à la structure commune « la bande » : « À l’université, on parle notre langage, à notre façon, et on se comprend très bien » (Yasmine).La fonction cryptique se voit donc supplantée par celle identitaire plus prégnante et plus importante à leurs yeux (signaler son groupe d’appartenance). La pratique dite» jeune » se meut ainsi dans un espace et cet espace est bien circonscrit dans la conscience de ceux qui s’en réclament. Le fait aussi de déclarer « on parle notre langage » renforce aussi l’idée (et la conscience) d’une pratique représentée singulière et partant spécifique à une communauté sociale.

Deux constations ressortent donc :

  1. Ce langage existe, du moins pour ceux qui s’en réclament.

  2. Il est associé et circonscrit à un espace : le lieu des études.

    Conclusion : 

Au final de cette présentation, nous avons tenté d’exposer quelques aspects qui pourraient caractériser les productions socio-langagières que l’on prête aux jeunes (nous ne prétendons nullement définir ici ce qu’est un parler jeune), d’en soulever plutôt quelques éléments à la réflexion du linguiste tout autant que du sociolinguiste, en adoptant une posture descriptive avant tout, mais aussi interprétative quelquefois d’une forme réelle semble-il de mutation de la langue.

La stratégie communicative/conversationnelle adoptée par ces jeunes consiste pour l’essentiel en des procédés de déformations volontairement opérés soit sur des mots, soit sur des énoncés entiers ; procédés d’hybridation/déformation, voire de verlanisation très usités d’ailleurs chez les jeunes de manière générale. Parmi ses caractéristiques aussi, nous relevons le mélange de codes qui constitue en soi une ressource langagière importante voire capitale pour ces locuteurs jeunes algériens, mais aussi le recours quasi-systématique à l’humour, à la dérision, aussi la surenchère verbale où rien n’est jamais pris au pied de la lettre à l’intérieur du groupe de référence.

La création/innovation lexicale résulte surtout, nous l’avions vu, des ressources disponibles au travers du mélange arabe dialectal/français et où surtout le français est largement mis à contribution (le registre code-switching). En ce qui concerne l’aire algérienne, l’on peut avancer que la principale source et le moteur d’innovation pour les jeunes Algériens est bel et bien l’alternance codique, intrinsèquement et nécessairement liée à l’histoire politique du pays.

Par ailleurs, ces différents procédés disent visiblement une certaine façon de parler la langue ordinaire par ces jeunes, c’est-à-dire de « communiquer entre eux » et surtout une certaine façon de dire les choses et de se dire (tout simplement) à travers le bricolage constant des ressources qui leur sont immédiatement disponibles, avec toutes les possibilités de sens qui peuvent s’offrir du fait du croisement de ces deux codes (c’est-à-dire de création lexicale que l’on reconnait aux jeunes), et c’est là, nous le pensons sérieusement, le véritable terrain de démarcation langagière pour ces jeunes où ils ont la possibilité de surfer sur les mots et leurs sens qu’ils bricolent constamment afin de jouer mais aussi pour de marquer une/leur différence par rapport à la langue qui se pratique couramment et surtout « correctement ».

L’on est en mesure d’avancer en ce qui concerne le présent cas, qu’il s’agirait plus d’une action sur la langue circulante, une action qui implique un changement dans les mots et surtout dans le sens qui leur est accordé au final par un procédé de bricolage et de perpétuelle (re)contextualisation.

Mais aussi, par-delà le simple jeu avec les mots (le ludique), la frime devant les pairs, ou la déformation/verlanisation des mots de la langue (le cryptique), il apparait clairement que la dimension sociale(identitaire) est bien là, puisqu’il s’agit d’une revendication/attente sociale, celle peut être de la reconnaissance d’une autre forme de la langue qui peut exister (même si elle n’est pas, (bien évidemment) reprise par le reste de la société : « (…), on parle notre langage, à notre façon, et on se comprend très bien »).

Cette inter-compréhension entre membres d’un même groupe laisse supposer cette revendication qui est tacite mais qui est exprimée par-delà les mots, pour dire encore une fois qu’une autre façon de parler la langue est possible voire admise.

Cette enquête a été tirée de la Revue algérienne d’anthropologie et de sciences sociales.