Les propos du chef de cabinet de la Présidence de la République, Ahmed Ouyahia, visant les migrants africains en Algérie n’ont pas laissé insensibles les défenseurs des droits de l’Homme et la classe politique. Ainsi, l’organisation de défense des droits de l’Homme, Amnesty International, a réagi dans un communiqué à ce qu’elle qualifie des « propos graves et choquants ». Le Parti des Travailleurs qualifie, lui, les propos de Ouyahia de « xénophobes ».

Dans un long communiqué, Amnesty International estime que « de tels propos alimentent le racisme et favorisent la discrimination et le rejet de ces personnes ». Plus que cela, AI ne comprend pas le timing des propos du directeur de cabinet de la présidence de la République qui interviennent à un moment où le gouvernement choisit la voie de l’apaisement dans cet épineux dossier.

«Le Premier ministre a annoncé que la présence des migrants subsahariens en Algérie sera réglementée et le ministère de l’Intérieur procède actuellement à travers les services de police et de gendarmerie au recensement de tous ces migrants. En outre, une loi sur l’asile est en cours d’élaboration par le ministère des Affaires étrangères », indique Amnesty International qui rappelle que ces migrants ont fui des guerres et des misères.

Le Parti des Travailleurs a également réagi aux propos « xénophobes » de Ahmed Ouyahia. « Le PT est horripilé par la campagne xénophobe qui cible les migrants des pays du Sahel qui arrivent dans notre pays fuyant les guerres impérialistes et la faim », a indiqué Remdane Taazibt, député, cité par TSA.

Dans une poussée populiste et visiblement à la recherche du buzz, Ahmed Ouyahia a indiqué à la télévision Ennahar que la présence des migrants subsahariens est une « source de crime, de drogue et de plusieurs autres fléaux ». « On ne laisse pas le peuple algérien vivre dans l’anarchie », a-t-il fulminé. Plus que cela, le directeur de cabinet de la présidence de la République a même jeté aux orties une éventuelle interpellation des ONG internationales. « Nous sommes souverains chez nous », a-t-il indiqué à l’adresse de ces organisations.

Des propos qui vont à l’encontre de la décision du gouvernement qui est à la recherche d’une solution juridique à la présence de ces milliers de migrants subsahariens qui vivent les différentes villes et villages du pays. Une position qui confirme que Ouyahia est désormais en train de jouer sa propre partition. A-t-il la présidentielle de 2019 dans le viseur ?