C’est un cas sans précédent. A Béjaïa, dans la commune d’Amizour, un homme d’affaires a contraint les autorités publiques à revoir leurs décisions parce qu’elles dérangent ses intérêts financiers.

Oui, en 2017, dans notre pays, un homme riche peut être plus puissant que la loi. C’est du moins la leçon qu’il faut tirer de ce qui vient de se passer à Amizour où Moussa Garet, un entrepreneur et homme d’affaires, a empêché les autorités publiques d’exploiter un nouveau site pour le transformer en une décharge publique. Pour les beaux yeux de cet homme d’affaires, les autorités de la wilaya de Béjaïa doivent trouver un nouveau site qui peut abriter cette décharge puisque le précédent site se trouvait à proximité de la sablière de cet homme d’affaires  à Amizour.

Tout a commencé le 28 juin dernier lorsque des citoyen ont enclenché dans la région d’Amizour un mouvement de protestation pour réclamer le déplacement d’une décharge publique qui nuit énormément à la santé de leurs familles.

Au départ, “le Wali de Bejaia a décidé de fermer la décharge publique de la localité. Il a dépêché une commission pour trouver un nouveau site afin de transférer la décharge publique”, nous apprend à ce propos le président du groupe parlement du FFS, Chafaâ Bouaiche qui a dénoncé publiquement ce scandale.

“La commission avec les élus, à leur tête le maire, ont trouvé un site au lieu-dit Tala El Fayta, pas loin du lieu où trouve la sablière de Moussa Garet. À l’origine, Il s’agit d’une concession de 1,3 hectare. Monsieur Garet squatte aujourd’hui 6 hectares ! Il empêche le passage de camions transportant les ordures depuis une semaine…Amizour croule sous les ordures à cause d’un mafieux”, s’indigne-t-il sur sa page Facebook.

Contacté par Algériepart, le même député accuse “Moussa Garet d’avoir construit illicitement des hangars et des bureaux au niveau de la ferme pilote d’Amizour qui appartenait auparavant à l’homme d’affaires Issad Rebrab”. Selon notre interlocuteur, cette ferme a été détournée de sa vocation “avec la complicité de la direction de l’agriculture de Bejaïa”.

“Selon les dernières informations, même le wali de Béjaïa s’est désisté et abandonné sa fermeté face à cet homme d’affaires influent. Il a décidé de mettre en place une nouvelle commission pour trouver un autre site pour la décharge publique”, confie enfin Chafaâ Bouaiche selon lequel cette triste affaire rappelle que dans toutes les communes d’Algérie, il y a un baron qui impose sa loi.