Et voilà que revient ce 5 juillet où nos militaires paradent face à leurs généraux, sans honte ni vergogne. Ce 5 juillet, c’est le nôtre, c’est l’amour de notre pays, pas la commémoration d’une caste de corrompus sanguinaires. Nous ne nous joindrons pas à cette parade du déshonneur. Comme nous ne l’avons d’ailleurs jamais rejointe.

 

Ce 5 juillet, nous le dédions aux algériens qui sont dans le besoin, dans la souffrance et dans le désarroi d’avoir été spoliés de milliards, un héritage financier impossible sans le martyr de leurs aînés.

 

Les militaires algériens ont sali la mémoire du peuple algérien. Leurs généraux sont la honte de l’histoire et leurs simagrées en ce 5 juillet est d’une indécence qui se rajoute à la longue liste des accusations criminelles qui seront, un jour prochain, énumérées à leurs procès.

 

Ils ont été la cause de la mise à genoux de tout un peuple et aucun démocrate n’a pu sérieusement créer les conditions d’un futur prometteur de l’éducation nationale, de la vie politique ou de la conscience judiciaire. Ils sont à l’origine du drame et de l’insulte faite à nos morts.

 

Nos héros, nos exemples, ce ne sont pas les vivants qui se sont payés jusqu’au gavage et vomi de leur appartenance à cette révolution. Nous les avons remboursés, à eux et à leurs familles, du centuple du prix d’une vie qu’ils n’ont pas perdue. A ce niveau d’indemnisation, ce n’était plus une compensation mais un racket national organisé.

 

Quant aux militaires, la crainte et la terrible répression qu’ils ont initiées sont à l’origine de notre tétanisation collective à ne pas lutter contre une situation gangrenée qu’ils ont façonnée, à leur avantage tout autant qu’à leurs familles et à leurs amis.

 

Ils sont à l’origine d’un enrichissement personnel insultant et ont délibérément crée un climat de croyance mystique et mortelle ainsi qu’une maffia économique dont ils ont retiré un bénéfice et, surtout, une paix politique. Tout ce qui pouvait les gêner a été interdit, la liberté, l’intelligence, la justice et l’éducation. Ils se sont nourris de la bête immonde jusqu’au dernier bout de chair.

 

Aujourd’hui, le pays est au bord du gouffre financier et même, bientôt, de la cessation de paiement. Pourtant, des individus comme le général Nezzar et sa famille continuent à nous narguer de leurs milliards spoliés au peuple algérien.

 

Les partis politiques sont totalement aux ordres et aucune tentative sérieuse n’a jamais été mise en place pour arrêter cette hémorragie de la corruption qui dénude les algériens des derniers meubles et protections. Ils ne laisseront bientôt que les murs nus et délabrés.

 

La population ne réagit même plus car elle a été mise sous hypnose et l’éducation nationale a crée des automates dont les deux pulsions sont la mystique religieuse et l’argent.

 

Mon ancien parti politique s’entretient avec Issad Rebrab pour essayer de trouver une solution aux soucis des salariés de l’empire. Mais, en ce temps là, aujourd’hui lointain, j’aurais exigé de ce monsieur des explications d’une fortune miraculeuse faite avec un régime militaire qui nous a pillé et torturé et que nous avions, dans le même temps de son immense enrichissement, tellement de difficultés à tenter d’installer les règles d’un pays humaniste et démocratique. C’est bien la preuve d’une autre époque.

 

Oui, nous honorons ce 5 juillet car il est la mémoire de ceux qui nous ont permis d’avoir un esprit critique et une vigilance intellectuelle par l’éducation nationale, encore prometteuse au lendemain de leur disparition.

 

Oui, nous nous inclinons pour leur sacrifice et pour nous avoir permis d’avoir une jeunesse dorée dans ce magnifique pays. Ils sont à jamais inscrits dans nos pensées et ont notre éternelle reconnaissance.

 

Non, nous ne participerons pas à la réunion des maffieux ni n’écouterons l’hymne national au garde-à-vous devant eux. Ces clowns sanguinaires et corrompus ont souillé le drapeau du sang de leurs victimes innocentes et de l’odeur nauséabonde du monde corrompu qu’ils ont crée à leur image et dont ils ont largement participé au partage.

 

Paix aux morts pour ce beau pays.

 

SID LAKHDAR Boumédiene, Enseignant