“Algériepart” a révélé hier vendredi en exclusivité le jugement définitif du tribunal militaire de Blida qui a condamné l’actuel PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, le 26/11/2007 à une peine de 30 mois de prison ferme pour “divulgation d’une information classée secret défense”. Aujourd’hui, Algériepart vous révèle les jugements définitifs des deux autres acteurs impliqués dans ce “scandale” qui a alimenté les fantasmes médiatiques les plus débridés pendant près de 10 ans. 

Ces documents exclusifs obtenus par “Algériepart” dévoilent, en vérité, la véritable histoire de l’affaire dite “d’espionnage” de l’actuel PDG de Sonatrach.

Il s’agit, en réalité, comme le démontrent ces documents, d’une histoire d’un compte-rendu d’écoute téléphonique qui a été remis par un agent du DRS, le lieutenant Chettouh Mehdi. Ce dernier a remis, effectivement, à la mi-2006 un document résumant la conversation téléphonique entre deux hauts responsables politiques occupant des fonctions au sein du gouvernement de l’époque. Une conversation qui portait sur Chakib Khelil et des cadres de la Sonatrach. Ce document confidentiel, ne comportant aucun en-tête de l’institution du DRS, a été remis, par la suite, par ce lieutenant  à Malek Adel, un ami et un proche de l’ex-PDG de la BRC, la célèbre société algéro-américaine dissoute en 2007, Abdelmoumen Ould Kaddour.

Selon nos investigations, ce dernier n’a pas accordé une grande importance à ce document et décide de la détruire en utilisant la déchiqueteuse de son bureau. Quelques mois plus tard, des enquêteurs au sein du DRS découvrent la fuite de ce document et mettent la main sur Mehdi Chettouf.

Le DRS convoque ensuite Abdelmoumen Ould Kaddour et Malek Adel comme de simples témoins. A leur surprise, ils ont été placés sous mandat de dépôt par le juge du tribunal militaire de Blida le 17/03/2007.  Les trois accusés resteront enfermés à la prison militaire de Blida tout au long de ce procès que certains titres de la presse algérienne vont transformer en “un feuilleton d’espionnage” impliquant la CIA et la toute puissance américaine.

En réalité, les trois accusés seront uniquement jugés pour “divulgation d’un document classé secret défense”. Le tribunal militaire constatera dans son jugement définitif que les trois accusés n’ont jamais eu l’intention de “trahir leur pays” ou de “l’espionner” au profit d’un ennemi extérieur. Le lieutenant Mehdi Chettouh est resté en prison jusqu’au 05/03/2012. Après sa libération, il n’a plus travaillé au sein du DRS. Il est aujourd’hui, selon nos informations, un simple agent de sécurité chez le groupe ETRHB d’Ali Haddad. Quant à Adel Malek, il a été libéré le 17/03/2010 après avoir purgé toute sa peine. Seul Abdelmoumen Ould Kaddour, devenu PDG de Sonatrach en mars 2017, a bénéficié d’une liberté conditionnelle comme il a été expliqué dans notre enquête publiée hier vendredi.

Pendant près de 10 ans, cette affaire dite “d’espionnage” a fait couler beaucoup d’encre. Elle a été transformée en un feuilleton politique qui a sidéré tous les Algériens alors qu’il ne s’agit, à la lumière de nos révélations, que d’une simple “banale histoire”, comme le notent de nombreux témoins qui ont participé de loin ou de près à ce dossier. Rappelons enfin que cette affaire a éclaté au moment où une véritable guerre froide opposait le général Toufik, le puissant ex-responsable du DRS, à Chakib Khelil, le controversé ministre de l’Energie qui a démissionné de ses fonctions le 28 mai 2010 en raison du scandale de corruption ayant ébranlé Sonatrach.