L’histoire du PDG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, n’a jamais cessé de défrayer la chronique depuis l’affaire BRC et ses affaires troublantes dont on ne connaît pas la genèse exacte. Cependant, le premier grief retenu contre l’ex-patron de l’entreprise algéro-américaine BRC est cette fameuse affaire d’espionnage rapportée par l’ensemble des médias algériens. 

Une affaire au cours de laquelle Abdelmoumen Ould Kaddour, nommé à la tête de Sonatrach depuis mars 2017, a été accusé d’espionnage au profit de puissances étrangères. Une grave accusation qui lui a valu le 26/11/2007 une condamnation à une peine de 30 mois de prison ferme. Déféré devant le tribunal militaire de Blida, Abdelmoumen Ould Kaddour a été placé sous mandat de dépôt à partir du 17/03/2007.

Algériepart a obtenu en exclusivité le jugement définitif de cette scabreuse affaire.

Dans ce document militaire confidentiel que nous rendons public, il est clairement affirmé, contrairement à ce qui été colporté pendant des années par de nombreux titres de la presse algérienne, qu’Abdelmoumen Ould Kaddour n’a jamais été condamné pour “espionnage”.

Selon ce document officiel, l’actuel PDG de Sonatrach a été condamné à 30 mois de prison pour “divulgation d’information classée secret défense”. Cependant, le tribunal miliaire de Blida, dans son jugement définitif datant du 17/09/2009, reconnaît qu’Abdelmoumen Ould Kaddour n’a jamais eu l’intention de “trahir son pays” ou de “l’espionner” au profit d’une prétendue puissance ennemie. La nuance juridique est de taille. Ce qui expliquerait, d’ailleurs, la courte durée de détention d’Abdelmoumen Ould Kaddour.

Selon les informations révélées par ce document, l’actuel PDG de Sonatrach a bénéficié d’une liberté conditionnelle à partir du 06/03/2009. En contrepartie, Abdelmoumen Ould Kaddour a renoncé à poursuivre sa procédure d’appel enclenchée par ses soins le 01/07/2008.

Ce document exclusif apporte un véritable éclairage à ce fameux scandale étouffé pendant des années. Il est à signaler qu’Algériepart détient deux autres documents concernant les autres accusés et condamnés dans cette affaire. Selon les témoignages recueillis suite à nos investigations, il s’agit d’un lieutenant du DRS qui a communiqué à un proche d’Abdelmoumen Ould Kaddour, à savoir le troisième accusé et condamné à une peine de 3 ans de prison ferme, le compte-rendu d’écoute téléphonique. Il n’a donc jamais été question d’un “matériel d’espionnage” retrouvé dans le bureau ou domicile de l’ex-PDG de la BRC. Finalement, de nombreux fantasmes médiatiques ont circulé sur cette affaire et le doute entoure jusqu’à aujourd’hui la fiabilité des enquêtes menées en 2006-2007 par les services du DRS dans ce scandale. Les hauts responsables de cet appareil sécuritaire ne devraient-ils pas rompre leur silence pour fournir des explications aux Algériens ?