Le richissime homme d’affaires Ali Haddad, patron des patrons algériens à travers le Forum des Chefs d’entreprises, a investi une partie de sa fortune en Espagne depuis 2011, nous apprend un document de l’administration espagnole dont nous détenons une copie. 

Ali Haddad est le propriétaire de l’entreprise  AGINYO INVERSIONES Y GESTIONES INMOBILIARIAS. Il s’agit d’une société de gestion immobilière lancée à Barcelone le 04/11/2011. Le numéro de son registre de commerce est le B65675571. L’entreprise immobilière d’Ali Haddad est une Société à responsabilité limitée gérée par une certaine Radia Bouziane, une ressortissante Algérienne qui a créé 4 autres entreprises en Espagne. Il s’agit de plusieurs business qui concernent notamment le transport des VIP avec chauffeurs de voitures de luxe et un service de transport en motos.

Selon nos informations, c’est avec cette entreprise immobilière que le milliardaire algérien a acquis plusieurs hôtels à Barcelone. En effet, en 2011, Ali Haddad avait déjà racheté à  l’homme d’affaires espagnol, Joan Gaspart, et au Libanais Boutros El Khoury, le célèbre Hôtel Palace pour la bagatelle de 80 millions d’euros.

Et depuis avril 2016, la deuxième fortune en Algérie a entamé l’acquisition de deux autres grands hôtels de luxe à Barcelone. Il s’agit du Gran Hotel La Florida, sur les hauteurs de la ville, et l’Hôtel Miramar Barcelona, non loin du front de mer. A cette époque, Ali Haddad négociait pour débloquer 50 millions d’euros représentant la dette des deux établissements convoités. Le patron de l’ETRHB, officiellement le deuxième groupe privée derrière Cevital, a investi l’équivalent de 150 millions d’euros dans ses projets hôteliers à Barcelone.

Ali Haddad ne s’est jamais expliqué sur les fonds qui lui ont servi à financer ces acquisitions.

Officiellement, la réglementation algérienne concernant le contrôle des change et le contrôle des flux financiers de et vers l’étranger est tellement stricte qu’elle rend presque impossible les financements de ces acquisitions à l’étranger à partir de l’Algérie. Seul le règlement n° 14-04 du 29 septembre 2014 fixant les conditions de transfert de capitaux à l’ étranger, au titre de l’investissement à l’étranger par les opérateurs économiques de droit algérien, ouvre une petite brèche pour permettre à un investisseur algérien de transférer des capitaux pour investir à l’étranger.

Ceci dit, ce règlement est encadré par des conditions draconiennes puisque le transfert des devises doit être uniquement “complémentaire” aux activités menées en Algérie et “doit être en rapport” avec l’activité de l’opérateur concerné sur le territoire national. De plus, il “doit avoir pour objectif de consolider et de développer cette activité”  et “ne doit pas porter sur des opérations de placements ou sur des bien immobiliers autres que ceux correspondant aux besoins d’exploitation des entités créées à l’étranger ou faisant partie intégrante de leur activité”.