L’Algérie comme les autres pays du Maghreb doit  faire face à l’arrivée de personnes originaires en majorité des pays du Sahel ; certains comme les Maliens peuvent accéder au territoire librement ; en revanche, les autres devront satisfaire aux conditions prévues par la loi.

Or, la législation en matière d’entrée et de séjour des étrangers sur le territoire national est rigoureuse ; cela peut être constaté à la lecture de l’ordonnance n° 66-211 du 21 juillet 1966 relative à la situation des étrangers en Algérie, modifiée par le décret présidentiel n°03-251 du 19 juillet 2003. Cette analyse est corroborée par la loi 08- 11 du 21 juin 2008 relative aux conditions d’entrée, de circulation et de séjour des étrangers en Algérie.

Ces textes législatifs et réglementaires constituent un cadre juridique dont l’objectif essentiel est la protection de la main d’œuvre nationale conformément à la loi n°81-10 du 11 juillet 1981 et au décret 82-510 du 25 décembre 1982 ainsi qu’à la circulaire d’application n°2614 de novembre 1983. Ceci laisse peu de possibilités à ceux qui seraient tentés d’entrer clandestinement sur le territoire algérien, pour y exercer une activité salariée.

L’entrée et le séjour irrégulier deviennent, pour beaucoup, la seule possibilité de s’établir et de travailler en Algérie. La limitation du droit de libre circulation par des politiques migratoires trop restrictives, pousse les personnes à transgresser les lois en vigueur, aussi bien dans le pays d’origine que dans celui d’accueil.

L’incapacité des Etats à gérer à eux seuls les migrations internationales est actuellement admise ; l’irruption des migrants sur la scène internationale a fait prendre conscience que ces derniers sont un facteur incontournable du développement.

Il semble qu’un nouveau regard mérite d’être porté sur l’immigration internationale et celle à caractère irrégulier en particulier. Au-delà des intérêts bien compris des migrants d’un coté, des Etats de l’autre, un constat semble s’imposer: les politiques migratoires mises en œuvre sont loin d’être efficaces. Pour certains auteurs, donner un contenu plus large aux droits de libre circulation, permettrait une meilleure maîtrise des flux migratoires, notamment en favorisant l’immigration temporaire au détriment de celle à caractère permanent.

Un autre argument milite en faveur de ce choix, celui de donner une certaine cohérence à la mondialisation qui impose la circulation des biens. Celle-ci devrait s’accompagner d’une libre circulation des personnes, d’autant que la flexibilité et la mobilité des travailleurs est une règle, désormais admise pour répondre aux besoins de compétitivité.

Texte tiré des Annales de l’Université d’Alger, numéro 25 Tome 2.