Mohamed-Laïd Benamor fait partie de ces ambitieux hommes d’affaires qui trônent sur une immense fortune et qui espèrent jouer un rôle politique majeur dans les coulisses des centres décisionnels de notre pays. 

Ce proche d’Abdelmalek Sellal, l’ancien Premier-Ministre, il est président de la Chambre algérienne de commerce et d’industrie (CACI) depuis 2014. Lors de la réélection d’Abdelaziz Bouteflika pour un 4e mandat successif, il a figuré parmi les donateurs les plus généraux pour la campagne électorale du Président sortant.

En 2003, après la mort de son père qui fut le fondateur du groupe familial Benamor, Mohamed Laid est propulsé sur le devant de la scène et s’occupe de faire prospérer les affaires de la famille en lançant la création des Moulins Amor Benamor. Il procède ensuite à la mise en place d’unités de transformation de blé dure et de lignes de production de couscous, toujours sous la marque Amor Benamor, puis de pâtes alimentaires à partir de 2009.

Aujourd’hui, il est à la tête d’un puissant empire dans le secteur agroalimentaire. Un secteur auquel ne s’arrête pas Mohamed Laïd Benamor puisqu’il est passé de la Conserverie alimentaire lancée en 1998 au packaging en 2017 avec son entreprise fondée en mars dernier et dénommée SPA Algerian Packaging Company.

Le 82/09/2016, il fonde la SPA Benamor Invest. Le 17 avril 2014, il modifie encore les statuts de son entreprise LA SPA MEDITERRANEAN MILLS COMPANY. Il s’agit d’une une boulangerie industrielle ultra-moderne ambitionnant de satisfaire partiellement la demande en pain avec des produits de qualité supérieure.

Mohamed Laïd Benamor nourrit, en réalité, un seul rêve : devenir le futur Rebrab de l’Algérie et remplacer l’influent Ali Haddad avec lequel Benamor entretient des relations très tendues. Les deux hommes se méfient et ne s’apprécient guère. Ali Haddad a, d’ailleurs, tout orchestré pour écarter Benamor du FCE et les fidèles du patron de l’ETRHB ont pris depuis 2015 leur distance avec un oligarque qui veut se frayer à tout prix un chemin au sein du club fermé des plus grosses fortunes en Algérie. Pour titiller Ali Haddad, Benamor a compris qu’il doit renforcer encore davantage son groupe en poursuivant sa diversification. Et c’est dans cette optique qu’il s’est lancé dans le 30/12/2012 dans la construction et le BTP avec la SARL Amor Benamor Construction.

Avec l’appui et soutien de Sellal qui a voulu instrumentaliser Benamor pour limiter l’influence d’un Ali Haddad encombrant, Mohamed Laïd ne cesse de grandir et de peser sur la scène économique. Avec ses frères Toufik, Sami ou Réda, ils ont mené leur groupe familial sur le poduim des entreprises algériennes les plus riches. Ceci dit, depuis le départ de Sellal, le Président de la CACI se fait très discret et n’ose plus continuer sa guerre froide avec un Ali Haddad débarrassé de ce Premier Ministre qui le ralentissait. En décembre 2016, Benamor et Sellal ont comploté dans les coulisses pour “dégager” le sulfureux Ali Haddad suite à l’incident diplomatique provoquée au Forum africain d’Investissements et d’Affaires organisé du 3 au 5 décembre 2016 au Palais des Conférences de Club des Pins.

Les manœuvres de l’ancien Premier Ministre ont échoué et Ali Haddad demeurera le patron des patrons grâce au soutien des frères Kouninef, les deux hommes d’affaires les plus proches de Saïd Bouteflika. Mohamed Laïd Benamor perd une bataille décisive et le départ définitif de Sellal risque de lui faire perdre définitivement la “guerre”.