La polémique enfle sur les réseaux sociaux en Algérie depuis le lancement de la première phase de pré-production des véhicules de la marque Volkswagen par le groupe algérien Sovac au niveau de sa nouvelle usine à Relizane.

Les premières photos qui ont filtré de cette usine ne reflètent guère une quelconque ambition industrielle. L’usine ressemble beaucoup plus à un simple garage où des véhicules importés et débarquées au port de Mostaganem sont exposés les uns à côté des autres. Sur les réseaux sociaux, ces photos ont suscité l’ire des internautes algériens qui ont réclamé des explications à propos de cet investissement auquel une banque publique algérienne, à savoir le Crédit Populaire Algérien (CPA), a participé activement avec la somme colossale de 170 millions d’euros.

“Tout cet argent a-t-il servi pour financer un simple garage mécanique ?”, c’est la question qui revient sur les lèvres des personnes les plus sceptiques. Un scepticisme aggravé par le malaise que procure aux observateurs ces premières photos. Des images montrent une usine vide et dépourvue du moindre équipement industriel.

Et pourtant, Mourad Eulmi, le PDG de SOVAC ne cesse de clamer son enthousiasme. Le premier véhicule de tourisme estampillé Volkswagen assemblé en Algérie, quittera le 5 juillet prochain, ne cesse-t-il d’annoncer. Contactée par Algériepart, une autre source proche de SOVAC avoue qu’au départ, il n’y a aura aucune intégration industrielle au niveau de l’usine de Relizane. “Les Algériens doivent comprendre qu’il n’est pas possible de réaliser un taux d’intégration au lancement de ce projet. Il s’agit au début de la pré-production. Il faudra attendre un taux d’intégration de 15% sur trois années et de 45% sur les cinq prochaines”, confie cette source qui invite les Algériens à comprendre les tenants et aboutissants du SKD, Semi Knocked Down, une étape nécessaire pour évoluer ensuite vers le CKD.

Soulignons enfin que Le CKD, ou Completely Knocked Down, est une technique qui consiste à exporter des produits entièrement démontés et dont l’assemblage final est opéré par un acteur local. L’objectif des promoteurs du projet de l’usine Volkswagen est de fabriquer localement des composants mécaniques pour les rajouter au équipements importés afin de procéder au montage des véhicules. Mais cet objectif est-il réellement à la portée de l’algérien SOVAC ? Les premières photos de cette usine laissent peu de place à l’espoir.