Fondateur du cabinet Galactik France et d’une fondation humanitaire internationale, Badis Diab, 26 ans, revient avec nous sur son incroyable parcours.

L’enfant de Constantine nous raconte dans un franc parler bien à lui et un charisme rare ses échecs puis ses réussites.

Nina Berberova a écrit « Sans ambition il n’y a pas de talent ».

C’est assurément à travers cette citation que l’on pourrait apprécier au mieux la trajectoire de Badis Diab, l’enfant de Constantine.

Lorsqu’on le rencontre dans son bureau du 8ème arrondissement de la capitale, le jeune homme est simple et souriant, complètement assimilé à l’univers du Business Parisien.

Et quand on lui demande où il compte s’arrêter, il répond : « Je ne m’impose aucune limites ». C’est ainsi que le personnage prend tout son sens, un homme intelligent, cultivé, et par dessous tout déterminé à atteindre chacun de ses objectifs, de force ou de gré.

L’enfant de Constantine, nominé récemment par un grand magazine Français pour le « prix d’entrepreneur de l’année », est resté un homme abordable, souriant, le coeur sur la main, à sa place beaucoup aurait tourné la tête, lui est resté fidèle à lui même, c’est ainsi qu’il nous reçoit dans son univers pour revenir sur sa vie et son parcours, infiniment intéressant.

Jeune, charismatique et talentueux, le public Algérien l’a découvert au courant de l’année 2016 sur la chaine de télévision nationale, à l’époque le jeune homme est en plein éclosion, le discours précis et minutieux, l’homme passe bien à l’écran, il revient alors sur le chemin qui l’a emmené à la tête d’un cabinet de consulting confirmé, et d’une fondation humanitaire internationale.

 

Une brève carrière de footballeur professionnel

Rien ne destinait Badis Diab à devenir l’homme qu’il est devenu aujourd’hui, en effet, c’est sur un terrain de football qu’il a commencé à s’exprimer.

Tout abord à Romans sur Isère dans la Drôme, avant de s’engager pour l’AS Saint Etienne en 2006 et son très prestigieux centre de formation.

Aux cotés des internationaux Faouzi Ghoulam et Idriss Saadi, le jeune avant-centre continue son processus de formation avant de signer son premier contrat professionnel à l’âge de 18 ans, à l’époque, il est considéré comme l’un des plus grand espoir du football Algérien.

Et pourtant, à force de mauvais choix et de mauvais conseils, le jeune homme traverse une période difficile, de l’Algérie aux États-Unis passant par le Vietnam, l’Autriche et la Bosnie, il ne cesse de rechercher du temps de jeu dans plusieurs clubs différents, à travers plusieurs continents, il rencontre des retards de salaires, des conditions de vie difficiles et des blessures à répétition.

Celui qui était destiné à l’époque à devenir le future avant-centre de l’équipe national Algérienne prend une décision radicale, il raccroche les crampons à 21 ans, seulement.

 

La rencontre avec le Football Business

Badis Diab ne tarda pas à changer de cap, en effet, il intègre rapidement le cercle très fermé du football business. Tout d’abord aux cotés du très célèbre agent Espagnol, Marko Kirdemir, puis sous la main du très influent Mino Raiola, l’agent du Suédois Zlatan Ibrahimovic ou encore du Français Paul Pogba.

Sous la coupe de Mino Raiola, il développe un réseau éminemment influent et commence à se construire seul. Par la suite il continuera d’affiner son réseau en Angleterre aux cotés des agents Will Arrnet et Paul Stretford.

C’est alors qu’après plusieurs années de loyaux services, il décide de voler de ses propres ailes à l’âge de 25 ans, il crée alors le cabinet Galactik France, aux cotés de son ami d’enfance, Karim Amrani.

Galactik France se présente comme un cabinet de conseil et d’accompagnement des footballeurs amateurs, visant à developer les facultés physiques et mentales des joueurs. Un programme de développement ingénieux et minutieux basé sur la connaissance profonde du développement humain ainsi que sur des études statistiques. À l’époque, personne ne croit au concept et à sa rentabilité.

Pourtant, en seulement quelque mois, le cabinet prend une dimension nationale, plusieurs milliers de clients et un chiffre d’affaires bien au delà des espérances, une réussite à un tel point que l’antenne Galactik France est lancé à New York à l’hiver 2017.

Son expertise de la formation lui ouvre les portes de l’Afrique, où de nombreuses structures font appel à ses services pour developer la formation des jeunes footballeurs Africains. Badis Diab lance alors sa propre académie au Ghana à l’été 2016, et devient en Juin 2017 le responsable du développement de la formation du club de Ouagadougou, au Burkina Faso.

Une fondation humanitaire internationale

Parce qu’il est « Africain et Humaniste » nous dira t-il, il crée en Août 2016 parallèlement à son travail, une fondation humanitaire internationale.

Son objectif : participer au développement de l’éducation des enfants d’Afrique en distribuant des fournitures scolaires.

Organisme éponyme, la Fondation Badis Diab se fait rapidement connaître, en recrutant plusieurs centaines de jeunes bénévoles en France afin de sensibiliser l’opinion publique sur l’urgence humanitaire en Afrique, elle démarre rapidement plusieurs opérations de distribution d’effets scolaires au Ghana, dans le sud de l’Algérie puis au Nigéria.

Un an plus tard, la Fondation est déjà venu en aide à plus de 3000 enfants en Afrique.

L’humanitaire comme voie d’émancipation

Si l’action humanitaire a le mérite de venir en aide aux plus démunis, elle est aussi une voie d’émancipation pour la jeunesse en difficulté socio-économique.

Badis Diab dira à ce propos « Ce que nous disons à ces jeunes pour qui la vie est difficile, qui n’ont ni travail ni argent, c’est que l’action humanitaire au service des enfants d’Afrique est une voie d’émancipation d’un monde de plus en plus aliénant, porter par le capital et à la recherche ultime du profit. Nous pensons qu’aider son prochain, developper l’éducation des enfants, est notre rôle à tous, qui que nous soyons ou quoi que nous faisons dans notre vie, cette action donne un sens à notre vie et à notre rôle sur terre »

Celui qui se décrit comme Algérien avant tout, n’oublie pas ses origines et le pays qui à construit son histoire. Que ce soit sur les plateaux TV, dans les stations de radios ou dans la presse écrite, il ne cesse de s’exprimer sur l’Algérie, et particulièrement sur la formation du football Algérien : « Le développement du football Algérien ne se fera que par la formation, par la création de structures spécialisées et de centres de formation à travers toute l’Algérie. Le football Algérien doit être en mesure de contrôler son propre destin et ne pas dépendre continuellement de la formation Française pour constituer son équipe nationale »

Et quand il évoque l’Algérie, ses mots sonnent fort « L’Algérie, c’est mon pays, celui de mes ancêtres, Ibn Badis et Abd El Kader ont donné on un sens à mon histoire, ils ont façonné mon existence, ce que je suis aujourd’hui, c’est le fruit d’un héritage qui me vient d’Algérie, et de nulle par ailleurs ». La fierté d’être Algérien doit être selon lui le sursaut vers une main tendu, vers le développement de l’Afrique, de l’éducation des enfants et de l’éradication de la pauvreté.

Entres New York, Paris, Alger ou Accra, Badis Diab continue de construire des ponts entre l’offre et la demande, entre celui qui a la logistique et celui qui en a besoin.

Devenu un véritable professionnel de la mise en relation à travers les continents, ses objectifs sont désormais clairs : « Je veux être le plus utile possible et laisser une empreinte derrière moi, je ne sais pas ce que je serais dans 20 ans, mais le plus important à mes yeux est ce que j’aurais apporté aux autres ».

À seulement 26 ans, Badis Diab dispose déjà d’un background qui en ferait pâlir plus d’un, s’il n’aime pas être vu comme un modèle de réussite, on peut assurément affirmer qu’il est un modèle d’humanisme et de persévérance, son histoire et son parcours nous dise une chose :

Rien n’est jamais terminé, après l’échec vient la réussite, et quand une porte se ferme, une autre s’ouvre.