C’est un projet inédit qui devait voir le jour avant ce mois de Ramadhan. Le groupe industriel des productions laitières (Giplait) avait consenti en 2016 à un investissement dépassant les 6 millions d’euros pour équiper ses 15 laiteries en conditionneuses de lait en carton. 

Les équipements ont été fournis par le fournisseur italien Galdi qui conçoit et développe des machines de remplissage automatique pour l’emballage, l’embouteillage et de remplissage des produits alimentaire. Les ateliers pour accueillir ses nouvelles conditionneuses ont été aménagés et tout a été préparé pour lancer le projet qui consiste à ne plus commercialiser le lait dans des sachets en plastique afin de le remplacer par des boites de lait en carton. Les responsables estimaient que la polyéthylène qui compose le sachet de lait en plastique présentait des risques importants pour la santé du consommateur algérien.

L’objectif était donc de réduire la production du lait en sachet et le remplacer progressivement par le lait en carton. Sauf que le prix de ce dernier sera fixé à 60 Da. Le consommateur algérien doit donc payer 100 % plus cher le prix de son litre de lait. Cette décision avait suscité la panique au sein du gouvernement qui craignant la colère populaire face à cette augmentation vertigineuse du prix du lait, un produit alimentaire de première nécessité.

Le projet a été, par la suite, entièrement bloqué au niveau de GIPLAIT qui a consenti à un important investissement sans aucune étude préalable du marché ni consultation avec les autorités publiques. Des machines ont été commandées et payées en devises alors que le choix de l’emballage n’a même pas été fixé. Un avis d’appel d’offres a été lancé et deux entreprises étrangères se disputent ce marché. Il s’agit d’Italpac et d’Elopak. Italpac est sorti le moins disant de cette compétition. Mais la direction générale de Giplait semble vouloir avantager Elopak dont l’emballage nécessite de modifier les conditionneuses importées d’Italie pour les adapter aux futures boites de lait. Ce qui va engendrer des surcoûts supplémentaires en devises. Elopak propose de les prendre en charge, selon nos informations. Ceci dit, le projet n’avance nullement et le lait à 60 Da est toujours un projet qui dort dans les tiroirs faute d’une gestion transparente et professionnelle. Nous y reviendrons dans nos prochaines enquêtes.