Les algériens ont assisté avec stupeur et interrogations à l’installation durant le 20 Mars 2017 d’Abdelmoumène Ould-Kaddour à la tête de la Sonatrach, première entreprise Africaine et 12ème au monde dans le secteur des hydrocarbures.

L’opinion publique a gardé en mémoire que le PDG de la société algéro-américaine Brown and Root Condor (BRC), avait été condamné à 30 mois de réclusion criminelle en novembre 2007 par le tribunal militaire de Blida pour divulgation d’informations classées secret de défense. Il est également connu pour sa gestion plus que douteuse ayant impliqué Sonatrach et le ministère de la défense nationale (MDN) comme l’a constaté un rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF) en 2006. 11 années sont passées depuis la dissolution de la BRC en 2007 sans respecter les règles de dissolution encadrées dans le code du commerce, ni parution sur le bulletin des annonces légales, et l’affaire de l’entreprise d’engineering pétrolier ne sera sans doute jamais jugée.

Suite à de nombreuses investigations, Algériepart s’est procuré les rapports de l’IGF, des rapports étouffés et passés sous silence pendant toutes ces années. Nous avons décidé de révéler le contenu inédit de ces rapports qui ne seront jamais pris en considération par la justice et les autorités politiques alors qu’il est question d’une transgression systématique de la loi, des règles de passations des marchés, de surfacturations et probablement de corruption.

Quelle lecture faire aujourd’hui de la nomination d’un proche de Chakib Khelil à la tête de l’entreprise qui engrange plus de 95% des revenus de l’Algérie, fleuron de l’industrie et économie de notre pays ? Est-il normal qu’une personne condamnée par la justice pour des faits aussi graves et pour des malversations ayant lésé la compagnie Sonatrach et un ministère de souveraineté aussi important que le MDN, puisse être autorisé à gérer à nouveau la victime de ses actes condamnables ?

L’insolente impunité dont jouissent ces nantis est injuste et dangereuse. Pour notre part, nous nous demandons qui protégera Sonatrach, ses 120.000 employés, ses près de 30 Milliards de dollars de recettes en 2016, et les 40 millions d’algériens qui en dépendent.

Durant nos prochaines publications, nous reviendrons sur chacune des affaires épinglées par les inspecteurs de l’IGF qui font un travail formidable d’audit approfondi sur des affaires qui choquent par l’immoralité de certains dirigeants et la prédation qui les caractérise. Nous révélerons ainsi des informations qui ont été dissimulées à l’opinion publique depuis 2006 afin d’empêcher la vérité d’apparaître au grand jour.