Décidément, en Algérie, selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements des banques vous rendront blanc ou noir. Oui, cette boutade reflète parfaitement la réalité de notre pays où les banques ne traitent pas de la même manière les enfants des hauts responsables du pays, à l’image du patron du FLN, comme les autres mortels. 

Preuve en est, suite à ses investigations, Algériepart a obtenu en exclusivité des documents bancaires, des relevés de compte, qui démontrent que le fils de Djamel Ould Abbès, le secrétaire général du FLN, El Wafi Fouad El Bachir Ould Abbès, a obtenu des facilitations déconcertantes pour bénéficier du soutien financier de la banque publique la BADR.

En effet, selon nos documents, le 17-05-2014, le fils du puissant secrétaire général du FLN  a décroché un crédit bancaire auprès de la BADR d’Ain Bénian pour financer l’acquisition de son bateau de pêche par l’une des ses diverses entreprises, la SARL Dauphin Bleu. Selon nos informations, le crédit consenti au départ dépasse les 32 millions de Da. El Wafi Ould Abbès a présenté à la BADR une hypothèque d’une valeur qui dépasse les 78 millions de Da. En 2005, la BADR débloque un premier montant de 10 millions de Da. Le 30 juin de la même année, une autre somme de 13 millions de Da a été débloquée. Le 10 mai 2006, 7 millions de Da ont été débloqués. Jusque-là rien d’anormal n’a été signalé.

Cependant, le fils de l’actuel patron du FLN, et de l’ancien ministre de la Solidarité nationale et l’un des promoteurs du 4e mandat d’Abdelaziz Bouteflika, peine à rembourser son crédit et la BADR n’hésite pas à lui accorder à chaque fois des facilitations et du soutien financier. Preuve en est, il a bénéficié jusqu’à 2011, de 3 rééchelonnements avec à chaque fois un nouveau tableau d’amortissement. En clair, le fils d’Ould Abbès a bénéficié d’une opération consistant à modifier les modalités de remboursement de son crédit en réduisant le montant des mensualités et en allongeant la durée de remboursement. Ce n’est pas illégal, mais la BADR lui a accordé un traitement de faveur au moment où les autres petits entrepreneurs, des simples fils du peuple, sont poursuivis et harcelés judiciairement parce qu’ils rencontrent des difficultés pour rembourser leurs crédits au bout de 5 ans.

Et c’est ainsi que la BADR débloque encore un autrement de financement de 22 millions de Da le 03-08-2009. Entre 2011 et 2016, d’autres déblocages seront réalisés par la BADR et plusieurs rééchelonnements seront effectués.  Et jusqu’à aujourd’hui en 2017, le fils d’Ould Abbès n’a pas remboursé la totalité de son prêt et lui reste encore à payer l’équivalent de 25 millions Da. Et il dispose d’un délai qui court jusqu’à…2022 pour s’acquitter de cette dette. Le fils de l’ex-ministre de la Santé a pu donc respirer pendant plus de 13 ans et respirera encore pendant de longues années alors que la BADR s’acharne sur d’autres entrepreneurs endettés au bout de 5 à 6 ans uniquement. Pourquoi un tel traitement de faveur au profit de l’enfant d’un haut responsable ? La direction générale de la BADR et les responsables de la direction régionale d’Alger-Ouest de cette banque publique sont invités à fournir des explications.