Notre pays est entré depuis quelques années dans une phase de mutation profonde et nécessaire, cette évolution est notamment marquée par deux événements majeurs, le premier est la révision de la constitution et le second est le nouveau modèle économique que le gouvernement essaye de mettre en place, non sans difficulté mais avec beaucoup de détermination.
Ces deux évolutions majeures dans la vie de notre nation adolescente, sont dictées par la volonté et la nécessite de doter notre patrie des outils adéquats qui lui permettront de relever les défis lancées par les nouvelles donnes géostratégiques et la nouvelles donne mondialiste du “TAG 3la men TAG”…….les dangers qui nous guettent…..
Toutefois, ces efforts risquent de rester vains et toute cette énergie positive se dilue jour après jour dans les dédales de l’administration en général qui n’arrive pas à faire sa mue au bon rythme de notre modernité.  Nous vivons jour après jour des situations ubuesques, où des départements ministériels annoncent une chose et son contraire à quelques jours d’intervalle, ce qui met les décideurs dans des conditions intenables et un profond désarroi, jetés ainsi à la vindicte populaire et populiste.
Le gouvernement, exposé, est en première ligne, il vit en permanence le stress du rendement et de l’efficacité ce qui est en soit une source de motivation et de détermination vu les défis et le poids des responsabilités dans un pays encore jeune avec tout ce que la jeunesse traverse comme mutation physiologique et psychologique.
Aujourd’hui, grâce à cette logique d’efficacité, nos ministres, nos Walis et bien d’autres très hauts responsables vivent un stress au quotidien où les erreurs se payent cash! A ce niveau de responsabilité la sécurité de l’emploi n’existe pas, telle est la nouvelle donne au 21ème siècle.
Néanmoins, il semble évident que quelques part nous sommes injustes envers notre gouvernement, nous sommes injustes avec nos dirigeants en général parce que  nous ignorons qu’ils sont obligés de composer avec la véritable entité détentrice du pouvoir qui est l’administration et à sa tête les différents directeurs centraux qui, en grande majorité, sont nommés par décret et qui sont en poste depuis plus de vingt ans, bien avant l’élection du Président de la République !
Pour mieux comprendre le poids réel de cette force, il est nécessaire de donner un petit exemple général qui permettra de mieux comprendre …..
Un projet de loi est initié à l’origine par le pouvoir Exécutif ou Législatif : un Ministre ou un Député, par la suite une commission ministérielle ou interministérielle planche sur le sujet, cette commission est composé en général d’experts, par la suite elle est présentée en débat au conseil des ministres, ce projet après discussions est présenté à l’Assemblée Nationale pour débat, une fois adopté, il est présenté au Conseil de la Nation, une fois adopté au niveau de la Chambre Haute, et promulgué par le Président de la République et ce qui était un projet de loi devient… Loi.
Après cette longue gestation où des centaines voir des milliers d’intervenants ont travaillé sur ce qui n’était au départ qu’une idée et un projet qui vise à améliorer la vie de notre peuple et participer à la construction continue de notre pays, la mise en application est confiée à l’administration avec son armée de directeurs centraux qui se lancent dans des interprétations sans fins  et vident cette loi de toute substance à coup de circulaires. 
Pire encore, dans notre vie au quotidien, nous constatons que certains d’entre eux, en poste depuis plus de vingt ans, s’octroient le droit d’interpréter à leur convenance des accords internationaux et de remettre en cause l’esprit et la lettre de ces accords et conventions signés par leurs ministres et ratifiés par le Président de la République.
Tous les jours que dieu fait, nous lisons dans la presse entendons ici et là la mise à l’écart de tel ou tel responsable, la sanction de tel ou tel autre, de différents rangs plus élevés les uns que les autres, mais jamais ces responsables dans les administrations à la longévité insolente, jamais inquiété et à qui on ne demande que rarement justifications,  à croire qu’ils sont oubliés par la République!
Dans de nombreux cas, ils ont eu à signer les PV d’installation de jeunes cadres fraîchement recrutés et 20 ans après ils ont signé leur départ en retraite alors qu’eux même durant tout ce temps ils ont tout de même survécu à plusieurs ministres sans jamais être remis en question dans les nouveaux organigrammes.
Alors sont-ils à ce point indispensables ou irremplaçables ? 
Au jour d’aujourd’hui, les défis que doit absolument relever notre pays face aux dangers qui nous guettent nous poussent à nous poser cette question: Jusqu’à quand allons-nous subir le diktat de ces privilégiés de la République? Qui pour certains ne font que servir leurs propres intérêts et qui en majorité empêchent toute forme d’émergence d’une nouvelle génération de cadres éminemment plus compétents et dont les formations sont plus en adéquation avec les attentes nouvelles et les contraintes imposées par un monde numérique qui va à la vitesse de la lumière; Jusqu’à quand allons-nous essayer de faire du pain avec une levure qui, dans le meilleur des cas, est périmée ? 
   
Dans nos prochaines éditions nous reviendrons avec des exemples et des cas concrets et nous susciterons un débat qui, espérons-le, fera prendre conscience de la nécessité de renforcer ce pilier de la République qu’est l’administration.