Farid Ikken, l’homme qui a agressé le policier devant l’église Notre-Dame de Paris, est un homme atypique. L’annonce de son identité a étonné beaucoup parmi ses connaissances qui se comptent notamment parmi les journalistes.

Âgé de 40 ans, ce natif d’Akbou, dans la wilaya de Béjaïa, a vécu en plusieurs temps. D’abord en Algérie avant d’aller vivre en Suède, où il a suivi des études. Selon le tabloïd suédois Expressen, cité par l’AFP, il était marié jusqu’en 2005 à une Suédoise qui n’a pas voulu s’exprimer. Il aurait quitté la Suède pour l’Algérie en 2013 et sa dernière adresse connue était dans la banlieue de Stockholm. Étudiant en journalisme à l’université d’Uppsala de 2009 à 2011, il en a été diplômé en 2011, a confirmé l’administration de l’établissement. Dans un article publié en 2012 par la revue « Fjärde Världen » consacrée aux peuples autochtones, il se présente comme Algérien d’origine berbère. « Les   Algériens sont résilients, un peuple qui a connu une grande souffrance et la pauvreté pendant l’époque coloniale. Ils sont aussi un peu sensibles et naïfs », rapporte l’AFP qui rappelle qu’il a écrit en Suède pour plusieurs journaux et a effectué un stage dans la radio publique de ce pays. Il avait même fondé une section du MAK dans ce pays.

De retour en Algérie en 2012, Farid Ikken a travaillé jusqu’à la fin 2013 comme correspondant d’El Watan à Béjaïa. Il écrivait notamment sur des questions de société. Il avait également fondé un site d’informations locales et collaboré au journal en ligne Maghreb Émergent. Des journalistes qui l’ont connu ont décrit un homme calme et très gentil. « Il n’avait rien à voir avec les idées extrémistes », témoigne un correspondant local de presse. Dans sa famille, il compte même des reconvertis au christianisme, selon plusieurs témoignages.

Il retourne en France en janvier 2014. Il s’inscrit à l’université pour préparer un doctorat. Un parcours qui étonne tous ceux qui ont vu son nom apparaître après cet attentat.

Saïd Sadia