Cinquante ans après son assassinat, Mohamed Khider continue de hanter la mémoire des responsables algériens.  L’ancien dirigeant de la révolution algérienne est assassiné en janvier 1967, abattu par balles à Madrid, en Espagne.

Durant longtemps, la vérité sur l’assassinat de l’homme est restée un tabou. Mais un demi-siècle après ce meurtre, les langues se délient. Ainsi, son fils Tarik khider, qui avait 13 ans au moment de l’assassinat de son père, a écrit un livre « l’affaire Khider » dans lequel il raconte ce qu’il a découvert sur cette affaire.

Invité de la radio M, Tarik Khider (http://radio-m.net/emissions/l-entretien/594-tarik-khider-nous-parle-de-l-assassinat-de-son-pere) a livré les noms du meurtrier de son père. Il s’appelait Dekhmouche Youcef, un « truand » qui était obligé de se « saouler » pour commettre « la besogne». L’homme n’était donc que le « porte-flingue ». mais il avait des « appuis ». C’est ainsi qu’il a pu s’extraire des griffes de la police espagnole avant de traverser es frontières de la France, l’Italie, puis la Suisse d’où il est exfiltré. Devenu sans doute encombrant, l’homme mourra quelques mois plus tard « écrasé par un char » lors d’un défilé militaire à Sidi-Belabbès.

En plus de l’exécutant, le « commanditaire » des autorités algériennes de l’époque s’appelait Rabah Boukhalfa. L’homme était officiellement « attaché culturel » de l’ambassade d’Algérie à Madrid. Les services espagnols l’avaient interpellé. Mais le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Abdelaziz Bouteflika, proteste de manière véhémente contre « une atteinte à l’immunité diplomatique». Rabah Boukhalfa ne sera plus jamais inquiété.

Le fils de Khider ne se limitera pas à l’assassinat. Il a balayé les accusations indiquant que Mohamed Khider, secrétaire général du FLN, avait touché le trésor du FLN. Selon lui, l’ancien dirigeant du FLN n’avait jamais touché à cet argent. L’homme avait en réalité utilisé cet argent pour acheter une banque au nom de l’Etat algérien. Pour vivre après la mort du père, la famille a dû demander de l’aide auprès du Roi Fayçal d’Arabie saoudite. Ce qui n’empêchera pas la famille d’être surendettée une fois arrivée au Maroc pour s’y établir. « La facilité aurait voulu que nous puisions de l’argent du FLN. Mais cela n’a jamais été le cas », indique Tarik Khider. Des témoignages qui interpellent les historiens.

Saïd Sadia