C’est un séisme diplomatique qui secoue le Moyen-Orient et le Monde Arabe. Lundi 5 juin, l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, l’Égypte suivi du Yémen, ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar, qu’ils ont décidé d’isoler totalement en lui fermant leur espace aérien et leurs frontières terrestres et maritimes. “L’Algérie refuse le suivisme et maintient ses relations avec Doha”, a révélé lundi à Algériepart, une source diplomatique algérienne autorisée.

L’Algérie ne va donc pas rompre ses relations avec le petit Qatar qui a suscité la colère de tous ses voisins. Doha est, désormais, isolée dans la région du Golfe puisque depuis ce lundi matin les grandes compagnies aériennes Emirates et Etihad, de Dubaï et d’Abou Dhabi respectivement, ont annoncé la suspension de toutes leurs liaisons avec le Qatar à partir de mardi matin et ce “jusqu’à nouvel ordre”. Selon plusieurs agences de presse internationales, les diplomates du Qatar ont 48 heures pour quitter leurs postes dans ces pays. Les citoyens qataris ont pour leur part 14 jours pour quitter le territoire et les ressortissants saoudiens, bahreïnis et émiratis se voient interdire de se rendre au Qatar.

Une position radicale adoptée par ces pays qui accusent le Qatar de financer des réseaux terroristes. L’Algérie a refusé de s’impliquer dans cette guerre froide. “Nous sommes pragmatiques. Nous avons de bonnes relations avec le Qatar et d’importants investissements seront bientôt conclus avec les qataris. Un investissement qatari sera, bientôt, conclu dans le secteur du tourisme au profit de la société publique la société d’investissement hôtelière (SIH). De nouveaux hôtels seront financés par des fonds qataris. Nous n’allons pas stopper tous ces projets pour faire plaisir aux saoudiens”, souligne encore notre source selon laquelle “l’Algérie va prendre tout ce qui est bon de sa relation avec le Qatar et ne fera aucune ingérence dans les affaires internes des pays arabes”.

Cependant, notre source diplomatique reconnaît que le Qatar a joué un rôle dangereux vis-à-vis des groupes terroristes qui sèment la terreur dans plusieurs régions du monde arabe. “En Algérie, le Qatar n’a jamais essayé de semer la zizanie car il y a en face un Etat fort et déterminé. Nous avons su dés lors développer des relations amicales et nous n’allons pas les remettre en cause au nom de la pieuse solidarité arabe”, explique notre source laquelle assure que l’Algérie résistera à toutes les pressions dans ce dossier.

“Lorsque notre pays a rompu ses relations diplomatiques avec l’Iran au début des années 90, nous n’avons pas attendu la solidarité des autres pays arabes. Nous avons découvert les manoeuvres dangereuses d’un conseiller diplomatique de l’ambassade d’Iran et nous avons pris les dispositions nécessaires. Aujourd’hui, nous n’avons aucune leçon à recevoir des autres”, insiste et persiste enfin notre source autorisée. “Les positions diplomatiques de l’Algérie sont constantes et elles ne changent pas au gré des vents”, conclut-t-elle en dernier lieu.