C’est un énorme scandale de gaspillage et de mauvaise gouvernance. Au sud du pays, à Ouargla, l’Etat avait débloqué depuis 2005/2006 un immense budget de 20 milliards de Da, soit l’équivalent de près de 200 millions d’euros, pour lutter contre le délicat problème de la remontée des eaux sales et l’assainissement des eaux usées. 

Aujourd’hui, en dépit de tout cet argent et l’intervention de plusieurs sociétés étrangères comme les Allemands de Dywidag ou l’entreprise libanaise Butec ainsi que les français de Vinci, ce problème se pose encore et toujours faisant courir ainsi à l’environnement des habitants d’Ouargla des risques majeurs de pollution. Les photos en notre possession parlent  d’elles-mêmes :  des routes éventrées par des bouches d’égouts qui explosent de partout, des chemins et places publiques inondées par les eaux usées, des odeurs nauséabondes qui empestent toute une population, des maladies dangereuses qui contaminent les enfants et les personnes les plus fragiles, etc., à Ouargla la remontée des eaux usées provoque une véritable tragédie écologique.

Et ce scandale soulève de nombreuses interrogations car l’infiltration des eaux usées provenant des constructions non raccordées aux réseaux d’assainissement dans la nappe phréatique représentent un sérieux danger pour les populations locales. Et pourtant, le projet de réhabilitation des réseaux d’assainissement des eaux usées et de lutte contre la remontée des eaux dans la wilaya de Ouargla, a été lancé en 2005 par l’Office national d’assainissement (ONA).

A l’époque ministre des Ressources en eau, Abdelmalek Sellal a débloqué un immense budget de 20 milliards de Da. L’objectif de ce plan gouvernemental est d’empêcher que les eaux usées de 5 communes (Ouargla, Aïn Beïda, Rouissat, Sidi Khouiled et N’goussa) ne polluent la nappe phréatique. Les années sont passées et tout cet argent a été dépensé. Mais, au final, la situation est demeurée catastrophique. A Ouargla, le réseau d’assainissement est toujours précaire. Et la population locale se pose toujours cette sempiternelle question : qu’a-t-on fait de tous ces milliards destinés à solutionner ce problème ?