Cela fait 61 ans que le militant Henri Maillot est mort pour l’Algérie. Ce communiste, qui a tout laissé dans son pays d’origine pour épouser la cause d’un autre peuple, est aujourd’hui en manque de reconnaissance dans son propre pays. Dans une Algérie livrée à l’oubli et à la perte de repères, Henri Maillot n’est inscrit sur aucun fronton, ni dans le coin d’une rue. A peine si les autorités de la commune d’El-mouradia, à Alger, lui ont consacré une petite placette. Mais Maillot mérite plus que cela.

Ce lundi, des hommes et des femmes ont organisé une conférence pour rendre hommage au militant communiste. Mais cela dure depuis 61 ans. L’homme, parti très jeune pour un idéal qui aurait pu ne pas être le sien à cause de l’éloignement culturel, linguistique et même de son pays, est quasi oublié. « Je ne suis pas musulman, mais je suis Algérien, d’origine européenne. Je considère l’Algérie comme ma patrie. », résumait-il.

Pourtant, l’épopée d’Henri Maillot doit être racontée à tous les enfants d’Algérie. Ce jeune militant communiste, né en 1928, avait déserté, en 1956, l’armée française, avec armes et bagages pour rejoindre les maquis rouges du Parti communiste algérien. Il avait comme compagnon Fernand Yveton, un autre grand militant de la cause algérienne et Henri Alleg, dont les souffrances de Maillot inspireront plus tard le fameux « La question », en référence aux interrogatoires que les militants devaient subir dans les geôles coloniales.  C’était donc sous la torture que Maillot a perdu la vie. Après deux heures de torture on lui dit de filer. Il part à reculons en criant « Vive le Parti communiste algérien ! »8 et s’écroule sous une rafale. C’était le 5 juin 1956, deux mois seulement après avoir détourné un camion rempli d’armes au profit de la révolution algérienne. La justice va-t-elle être faite pour ce grand nationaliste ?

Saïd Sadia