Ce samedi matin, lors de la participation étonnante et surprenante de Saïd Bouteflika au rassemblement organisé devant le siège de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (ARAV), une femme s’est particulièrement distinguée avec ces cris enragés lancés à l’encontre de la personne du frère et conseiller influent du Chef de l’Etat. 

“Qu’est-ce que tu es venu faire ici ? Nous ne voulons pas de toi dans ce rassemblement !”, s’est écriée Meriem Saïdani, fonctionnaire à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNAS) une militante du parti de l’opposition JIL JADID où elle est membre du bureau politique de ce parti. Cette femme n’a pas eu peur des gardes du corps de Saïd Bouteflika ni des dizaines d’agents de sécurité qui encerclaient tout le lieu de ce rassemblement. Elle a pris son courage à deux mains pour exprimer ce qu’elle avait dans les tripes.

“La présence de Saïd Bouteflika est une provocation. Il représente lui-même ce système qui a enfanté Ennahar TV et qui nous prive de nos libertés”, confie Meriem Saïdani à Algériepart. “Cela fait plus de 6 ans que nous luttons sur le terrain pour réclamer une Algérie libre, démocratique et respectueuse des droits de l’homme. Et lui tout souriant il vient à ce rassemblement alors qu’il est le conseiller spécial du Président”, explique encore notre interlocutrice qui ne décolère toujours pas.

“Il a le pouvoir de décision. Pourquoi il n’intervient pas lorsque nous sommes réprimés dans les autres rassemblements ? Pourquoi il ne bouge pas le petit doigt lorsque nous sommes interdits de tenir nos congrès ?”, s’interroge cette militante qui certifie en dernier lieu qu’aucun agent des forces de l’ordre n’est venu la maltraiter, l’interpeller ou la harceler à la suite de ses huées et ses slogans hostiles scandés contre le frère du Président de la République.