La situation dans le RIF, au nord du Maroc, devient intenable pour les populations. Une répression féroce est en train de s’abattre sur le mouvement populaire en vue de l’étouffer. Ce mouvement pacifique est né d’une colère face aux injustices sociale, économique et culturelle.

Il a un visage : des milliers de jeunes et de moins jeunes descendent quotidiennement dans les rues des principales villes du Rif pour crier leur dégoût des pratiques despotiques du Makhzen (les autorités marocaines).

Il a une plate forme revendicative précise qui réclame la fin de la marginalisation de la région, marginalisation qui ne laisse aux enfants du Rif que le choix entre la Harga-quitter le pays-, au risque de finir dans ce vaste cimetière qu’est la Méditerranée ou vivoter au jour le jour en s’adonnant à la culture du Hashish, cette autre forme du suicide collectif. Les autorités marocaines ont commencé par louvoyer en essayant de faire miroiter un semblant de solutions aux revendications de justice sociale, d’emplois et de perspectives pour une jeunesse aux horizons bouchés.

Face à la lucidité et à la détermination du mouvement, elles ont instrumentalisé la religion musulmane en mobilisant les Imams pour délivrer un message, à travers les mosquées, qui rendrait illicites les manifestations de rues.

Ces manœuvres dilatoires ont provoqué une montée de tension qui servit de prétexte aux autorités pour lancer une répression à grande échelle à travers l’arrestation de plusieurs animateurs du mouvement et des mandats d’arrêt contre ceux qui ont pu échapper aux arrestations débutées dès vendredi 26 mai. Le changement d’attitude des autorités marocaines instaure désormais un climat de terreur qui nous rappelle les années des terribles répressions de 1959 et 1984 de sinistre mémoire. Empêcher les autorités marocaines de commettre un massacre à huis clos nécessite une solidarité internationale à la hauteur des dangers qui guettent une population qui réclame pacifiquement ses droits les plus élémentaires.

– Pour exprimer publiquement notre solidarité avec le mouvement populaire du Rif et la population dont il est l’émanation. – Pour dénoncer l’attitude criminelle des autorités marocaines,

– Pour dénoncer le silence complice des autorités des pays occidentaux et le parti pris de certains de leurs « grands» médias ,

-Pour exiger la libération immédiate et sans conditions de tous les animateurs du mouvement populaire emprisonnés et l’arrêt des poursuites lancées à l’encontre de tous ceux qui sont encore en liberté,

– Pour l’ouverture de réelles négociations avec le mouvement populaire sur la base des revendications légitimes de la population du Rif, Le Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP13), appelle à un rassemblement le vendredi 9 juin à 18 H 30 AUX MOBILES (hauts de la Canebière) 13001 MARSEILLE