Ils sont riches, très riches. Leurs fortunes sont évaluées à un montant difficilement calculable de milliards. Ils achètent des médias, ils sont propriétaires de plusieurs chaînes de télévision, mais ils ne paient pas leurs journalistes qui attendent leurs salaires depuis des mois et souffrent le martyre pour se nourrir et se loger. 

C’est une situation inédite qui nourrit une profonde injustice. Les milliardaires propriétaires des chaînes de télévision privée livrent leurs journalistes à la précarité et pauvreté. Ainsi, à El-Djazaïria TV, des journalistes subissent des retards de paiement de leurs salaires depuis 6 mois et certains journalistes sont payés au compte-gouttes. Une situation paradoxale qui tranche avec la fortune et l’aisance de Bachir Ould Zemirli, l’un des hommes d’affaires propriétaire de cette télévision. Ce dernier est propriétaire ou actionnaire d’au moins 7 entreprises comme Clic Promotion qui développe des projets immobiliers dans le quartier chic de Hydra. Sarl IMB import et export, sarl A.M.C.I.TECH ou Sarl Industrie Medical Comimed, et d’autres sociétés encore comme l’eau minérale Sidi Rached, Bachir Ould Zemirli règne sur un véritable royaume.

Et sa richesse a atteint des sommets faramineux au point où il était contraint de cacher une partie de son argent… en Suisse. En effet, Bachir Ould Zemirli détenait en 2006-2007 un compte HSBC pourvu de 5,6 millions de dollars, selon les révélations du listing des clients algériens d’HSBC Suisse, la banque qui était au coeur du scandale mondial “SwissLeaks”. En dépit de toute cette fortune, le principal actionnaire d’El-Djazaïria TV, avec Ayoub Aissiou, peine à offrir des salaires à ses employés.

Un non-sens que nous retrouvons également au Temps d’Algérie, Wakt El-Djazaïr ou Dzaïr TV, les médias de l’homme d’affaires Ali Haddad. Le deuxième homme le plus riche en Algérie qui réalise un chiffre d’affaires de près de 500 millions d’euros avec son groupe l’ETRHB martyrise les journalistes de ses deux quotidiens nationaux et de ses chaînes de télévision depuis de longs mois. Avec Ali Haddad, il faut attendre quelques fois deux à trois mois pour recevoir son salaire. Une situation qui créé une véritable misère sociale à l’heure où Ali Haddad engrange des milliards grâce aux marchés publics que lui octroie l’Etat algérien.