La colère gronde encore contre Ennahar TV suite à la diffusion mercredi soir d’une caméra cachée jugée “humiliante” à l’égard de la personne de l’écrivain Rachid Boudjedra. Et les excuses du premier responsable de cette chaîne de télévision n’ont pas calmé les esprits. 

Un groupe d’artistes et d’intellectuels vient de diffuser un texte pour récolter des signatures dans le but de presser les autorités à enclencher une enquête sur les agissements d’ENNAHAR TV. Les éditeurs Sofiane Hadjaj et Selma Hellal ainsi que l’auteur et journaliste Adlène Meddi sont, pour l’heure, les premiers signataires de ce texte qui dénonce « une caméra cachée » odieuse et “malsaine dont la victime, non consentante faut-il le préciser, n’est autre que le grand écrivain Rachid Boudjedra”.

“Violenté, malmené, poussé à bout, forcé de clamer qu’il est musulman (nous ne sommes pas loin des mises en scènes de Daesh) et de se justifier comme un enfant, l’un des plus illustres auteurs algériens vivants a subi humiliations et railleries de la part « d’animateurs » qui n’ont eu aucun respect pour lui et n’ont certainement jamais lu une ligne de sa littérature”, s’indignent les auteurs de ce texte qui épingle également “Le silence des autorités” notamment du “ministère de la Culture, de la Communication, et le mutisme de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel”. Un silence qui constitue une preuve “de complaisance voire de complicité avec certains médias qui nourrissent la haine, le racisme, l’intolérance et pourrissent le débat public”.

D’après les signataires de ce texte, “Les excuses du patron de ce « groupe médiatique » ne peuvent réparer l’ignominie de cette émission, qui, en avilissant sa victime, a également avilit les téléspectateurs”. “Nous appelons à une enquête par les autorités concernées pour faire la lumière sur cet épisode abject”, conclut-ils en dernier lieu.