En Algérie, les élus locaux ont beau prononcé de beaux discours et promettre le bonheur en période électorale mais, au niveau local, ces promesses ne sont jamais suivies d’effet. Les habitants du quartier de Sebala, dans la banlieue d’Alger, ainsi que les milliers de travailleurs qui empruntent quotidiennement les routes de Tixeraine et Sebala (Draria)  en diront long sur ce triste constat.

Depuis au moins 2012, les habitants de Sebbala tentent – en vain – de trouver une solution au problème de dégradation de la route reliant leur quartier à celui de Tixeraïne, dans la commune de Birkhadem. Il est à noter que cette route est quotidiennement utilisée par des milliers de travailleurs puisqu’il s’agit d’un axe central reliant plusieurs communes de Draria à d’autres grands centres de la capitale, Alger.

Les Algérois sont nombreux à connaître ce fameux chemin, WC116, reliant Sebala à Tixeraine (en passant par l’hôpital de Tixeraine), connu pour ses virages et nombreux travaux occasionnant quotidiennement d’énormes bouchons. Il faut parfois plus d’une trentaine de minutes pour parcourir ce tronçon d’à peine 3 kilomètres !

Cette situation est continuellement aggravée par les travaux en cours et les projets immobiliers aux alentours. Ce problème touche plus généralement la commune de Draria qui est durement touchée par l’expansion urbaine et ses infrastructures défaillantes.

Or, l’axe reliant Sebala, Tixeraine et Saoula constitue un tracé prioritaire pouvant apporter une réponse efficace aux sempiternels embouteillages qui étouffent les algérois. En effet, il y a en réalité une solution simple : viabiliser un axe d’environ un kilomètre permettant de relier Tixeraine à Saoula, sans passer par le centre de Draria. Cet axe est à l’abandon depuis 2012. Il a, d’abord, connu des travaux avancés ayant coûté selon certains spécialistes entre 40 et 50 millions de dinars.

Le délaissement et la mauvaise de gestion de ce projet ont fait perdre tout le travail initialement réalisé. En effet, en raison des pluies hivernales depuis 2012, les trottoirs ainsi que les routes tracées et pavées sont aujourd’hui méconnaissables. Naturellement, tout est à refaire et l’argent du contribuable a été gaspillé sans scrupule.

Les autorités locales se jettent la responsabilité depuis : Bezzina Hamid, chargé du dossier de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme au niveau de l’APC de Draria précisait en 2014 que la responsabilité de l’aménagement des chemins 113 et 116 incombe à la direction des travaux publics. De son côté, la subdivision des travaux publics à Draria atteste que ces chemins sont sous la responsabilité de L’agence de gestion et régularisation foncière de Zéralda (Agerfa). L’Agerfa, qui a placé une pancarte annonçant la viabilisation de ce quartier et de cette route depuis plusieurs mois, ignore continuellement les requêtes des habitants de ce quartier qui demandent seulement transparence et communication. D’ailleurs, des travaux de nettoyage de cet axe ont été entamés quelques semaines avant les élections législatives. Les camions et travailleurs ont disparu depuis !

La situation est particulièrement dommageable car elle engendre d’autres problématiques sociales encore plus importantes : il est à noter que cet axe est devenu une décharge publique aux nombreux risques environnementaux où se côtoient corruption et délinquance. Pourtant, située à proximité des logements sociaux de Sebbala (communément appelés les 1600 logements), connus pour être frappés durement par le chômage et l’exclusion sociale, la centaine de locaux commerciaux fermés sur cet axe en raison de son abandon peuvent stimuler l’économie locale et résoudre certains problèmes sociaux en plus de fluidifier la circulation. Par ailleurs, l’ouverture de cet axe rendrait habitable plus de 400 logements, entre bâtiments et villas.