Le limogeage de Hocine Rizou, président-directeur général de Naftal pose, à nouveau, le problème de la séparation de la vie publique et privée. Car, au-delà de la perception qu’on peut faire d’une telle situation, la brutalité avec laquelle l’homme, qui a géré d’autres entreprises avant  d’atterrir à Naftal en mai 2015 a été écarté renseigne sur la violence qui peut naître à ce niveau de responsabilité.

Une violence nourrie et malheureusement alimentée par les médias qui se retrouvent devant un vrai dilemme : faut-il rapporter ces informations ou pas ?

Mais le plus délicat dans cette affaire du PDG de Naftal est sans aucun doute la levée de boucliers qu’a suscitée la révélation de cette vidéo. Car, une telle diffusion n’aurait jamais suscité de l’indignation s’il ne s’agissait pas d’une affaire d’ordre sexuel. Avant même de vérifier l’authenticité du document, le tribunal de la morale a décidé que l’homme est coupable. Son honneur a été jeté en pâture et son image est vite écornée.

Ce n’est pas parce que Hocine Rizou est « condamné » par la vox populi. Ce n’est pas parce que l’homme a fait preuve d’une quelconque mauvaise gestion ou d’un écart de conduite envers ses employés.

C’est son homosexualité supposée qui est mise en avant pour créer toute cette polémique et le jeter aux gémonies. Une preuve de plus que dans notre société, ce ne sont pas les compétences, la probité morale ou toute autre compétence qui détermine l’image d’un homme ou d’une femme.

Cette affaire risque malheureusement de faire des émules. Car, au temps de l’internet, rien ni personne ne peut empêcher que de telles vidéos ne sortent à nouveau. Mais cela peut servir de leçon pour éviter au moins de transformer les réseaux sociaux en tribunal virtuel où l’honneur des gens sera bafoué.

Saïd Sadia