Renault avait promis de développer une véritable industrie automobile en Algérie. Le constructeur français avait même promis de démocratiser l’accès à la voiture neuve. Malheureusement, force est de constater que depuis son inauguration le 10 novembre 2014, l’usine de Renault Algérie n’écoule sur le marché que deux véhicules proposés à des prix excessivement chers. En revanche, au Maroc, Renault propose à la vente ses voitures assemblées au niveau de son usine à Tanger à des prix nettement inférieurs aux prix de ses voitures algériennes.

En Algérie, jusqu’à aujourd’hui, Renault assemble deux véhicules : la Symbol et la Dacia Sandero. Le prix de la Sandero Dacia est fixé à partir de 1.759.000 DA. Le prix de la Symbol commence à partir de 1.469.500 DA. Des prix incroyablement plus élevés que leurs “jumelles” marocaines.

En effet, au Maroc le prix de la Dacia Sandero fabriquée par le constructeur français Renault, varie entre 78 500 DH et 129 000 DH, à savoir l’équivalent de 11 829,99 EUR alors que le même véhicule, fabriqué également dans l’usine Renault d’Oran, revient à au moins… 14 435,87 euros. Une différence de près de 3000 euros. Un écart impressionnant qui étonne les experts du secteur de l’automobile.

Et au Maroc, il est possible d’acquérir certaines versions de la Sandero neuve à même pas 10 983,23 EUR. Un prix pour lequel les Algériens ne peuvent même pas acquérir la nouvelle Symbol, assemblée également dans l’usine oranaise du constructeur français. D’ailleurs, le modèle le plus cher de la Symbol coûte à peine 12 724,96 EUR au Maroc. En Algérie, la Symbol basique commence à 12 072,97 EUR. Et ce prix peut augmenter jusqu’à 12 627,71EUR. Et pourtant, au Maroc, Renault ne fabrique pas la Symbol. Elle est importée. Les 4 modèles assemblées à Tanger sont la Sandera, la Logan, l’utilitaire Dokker et les Lodgy. La Logan la plus chère au Maroc coûte l’équivalent de 11 096,35 EUR. En Algérie, le prix de la Logan, un modèle importé, a atteint les 13 379,48 EUR. 

Il est vrai qu’en Algérie, les voitures neuves sont taxées. Au Maroc aussi, il y a ce qu’on appelle la taxe spéciale annuelle sur les véhicules automobiles. En Algérie, Renault a bénéficié de plusieurs importants avantages fiscaux et des financements publics pour le développement son projet. En contrepartie, elle écoute ses véhicules à des prix très élevés.

Pour les défenseurs de Renault, c’est le manque criant de sous-traitants en Algérie qui explique encore ces prix élevés puisque la majorité des composants des véhicules sont encore importés. Ceci dit, la loi algérienne accorde une exonération de droits de douane pour les biens importés et entrant directement dans la réalisation de l’investissement dans le secteur de l’industrie automobile. Pourquoi donc une différence de plus de près de 3000 euros, voire plus, est-elle justifiée, raisonnable ou rationnelle ?

Grâce aux investissements de Renault, le Maroc qui produit deux fois plus de véhicules qu’il n’en achète. En Algérie, Renault n’arrive même pas à satisfaire la demande nationale. Quel paradoxe…