La direction générale de Djezzy vient de prendre des mesures qui vont bouleverser le marché du “flexy”. Les 9 distributeurs agréés de Djezzy qui opèrent sur le territoire national ont été convoqués dimanche dernier au siège de Djezzy à Alger pour leur signifier l’arrêt de leur contrat commercial actuel et son remplacement par un nouveau contrat qui prévoit la restriction de leurs prérogatives territoriales. Ainsi, désormais, ces distributeurs seront limités exclusivement dans leurs activités à une seule région. Cette régionalisation menace des emplois et risque de causer des dégâts. Explications.  

Pour se réadapter à cette nouvelle configuration, les distributeurs algériens disposent uniquement d’un délai de trois mois, a-t-on appris après plusieurs investigations. Ces distributeurs qui commercialisent du Flexy ainsi que tous les autres produits de Djezzy ont, pourtant, investi dans un réseau de distribution dense dans les plus importantes régions du pays. Et brutalement, ils se voient sommés de se réorganiser dans l’urgence et se contenter d’une seule région avec des conditions contraignantes et un système de commissionnement qui verra leurs revenus à la baisse.

Les managers de Djezzy ont même menacé les distributeurs de résilier leurs contrats si ces derniers développent d’autres entreprises qui nouent des partenariats avec les opérateurs concurrents, à savoir Mobilis et Ooredoo

Drôle de récompense pour ces distributeurs qui ont défendu les produits Djezzy durant plus de 10 ans et pendant toutes les crises traversées par l’opérateur de manière récurrente depuis 2002. Chacun de ces distributeurs emploie environ une trentaine d’employés. Les enjeux financiers de ce marché sont important pusqu’il s’agit d’au moins un milliard de Da par mois.

Certains de ces distributeurs avec lesquels nous avons pu échanger parlent de l’inexpérience et de l’arrogance de l’équipe commerciale en charge de la distribution au niveau de la direction générale de Djezzy qui ne daigne même pas répondre à leurs sollicitations. Une ambiance délétère règne en ce moment entre Djezzy et ses distributeurs.

Ces derniers se plaignent de la discrimination et des pratiques commerciales déloyales entretenues par Djezzy au niveau du traitement commercial. En vérité, pour chaque distributeur, on lui assigne différents objectifs commerciaux et ce en contradiction avec la loi, les règles commerciales et plus particulièrement les dispositions du code de déontologie de VEON notamment dans son chapitre 3 alinéa 2 traitant des opérations équitables. A lire sur ce lien : http://www.djezzy.dz/wp-content/uploads/2017/03/code-de-deontologie-veon.pdf

“Depuis des mois, les objectifs commerciaux mensuels ne sont envoyés par le service commercial que 15 voire 20 jours après le début du mois “, nous assure notre source. “Ce qui laisse peu de temps aux distributeurs de rectifier le tir et de se conformer ainsi à ses obligations de performance”, déplore la même source.

Il y a une violation évidente de la charte de déontologie de Veon qui stipule au niveau de sa disposition 3.2 que “nous attendons de tous nos employés qu’ils traitent nos clients et nos partenaires commerciaux de manière juste, qu’ils respectent leurs droits et soient honnêtes dans nos transactions commerciales”.

Les distributeurs algériens sont victimes ainsi de la politique de la réduction des coûts validé par le PDG Vincenzo Nesci et la maison-mère Veon. Une stratégie établie suite à des propositions de personnes qui semblent ignorer les réalités du marché de la téléphonie mobile en Algérie. Une nouvelle politique qui risque de déstabiliser une fois encore le réseau commercial mis en place en premier lieu par les distributeurs. Dans les semaines à venir, un impact négatif sur les résultats de Djezzy risque de se faire sentir.

Les responsables de Djezzy se sont enfermés dans une équation simpliste : Avec les revenus qui baissent, il faut baisser au maximum les charges au risque de déstabiliser les distributeurs afin de ne pas être en deçà des 42.5% de dividendes qu’impose l’accord d’associés que vous pouvez consulter sur lien : http://stockproinfo.com/CP/2014/US92719A1060_2014_20140418_US_C-IB.pdf)

Et pourtant, comme le stipule ce document, le Fonds National d’Investissement (FNI) dispose de la liberté d’opposer son droit de veto en cas de changement stratégique dans la gestion de Djezzy. En fera-t-il usage pour contrecarrer la déstabilisation programmée de l’entreprise dont il détient 51% des parts ?