A Annaba, un projet d’une Marina de 20 millions d’euros est bloqué depuis 2016 en raison de plusieurs considérations obscures. Et pourtant, trois bailleurs de fonds ont d’ores et déjà manifesté leur intérêt pour ce projet qui pourrait transformer Annaba en un pôle touristique majeur à l’est du pays.
En effet, la Banque européenne d’investissement (BEI) a donné son accord de principe pour participer au financement de la construction de la Marina El Kettara, du nom d’une source mythique située au niveau de la majestueuse corniche d’Annaba. Deux banques algériennes, la BDL et la BEA, ont donné également leur accord pour faire partie de ce projet porté par un certain Réda Rezig, un algérien établi à Paris en France, désireux d’investir dans son pays et sa ville natale, Annaba.
Au départ, ce projet a été accueilli avec beaucoup d’enthousiasme par les autorités locales et à leur tête Youcef Chorfa, l’ancien Wali d’Annaba, qui vient d’être nommé ministre de l’Habitat la semaine passée. Selon nos investigations, l’ex-Wali s’est engagé à soutenir le projet et à le concrétiser pour changer la façade d’Annaba. Mais le temps passe et la future Marina reste enfermée dans les tiroirs de l’administration.
Et soudainement, le 8 février 2016, la direction des Mines et de l’industrie surprend tout le monde en refusant d’accorder l’assiette foncière à ce projet prétextan que cette Marina se situe dans le périmètre du domaine public maritime (DPM). Un argument entièrement irrationnel puisque dans le monde entier des ouvrages portuaires peuvent être implantés sur des DPM. Il suffit juste d’une autorisation préalable et d’un cahier de charges précis incluant le respect de plusieurs normes.

La réponse des autorités de la wilaya d’Annaba est étonnante à bien des égards d’autant plus que l’ancien Wali, et désormais ministre de l’Habitat, Youcef Chorfa, avait autorisé le fameux député Baha Eddine Tliba de construire tout un immeuble dans le cadre d’une promotion immobilière située sur une Zone d’Expansion Touristique (ZET) au niveau de Sidi Aissa, sur les hauteurs d’Annaba. Et pourtant, la loi algérienne interdit la construction d’un bien immobilier privé sur une zone destinée à la promotion des activités touristiques. Youcef Chorfa avait fermé également ses yeux devant les villas de Tliba érigées à Cap de Garde, une zone classée dans le domaine public maritime (DPM). A Annaba, décidément, la loi n’est pas appliquée sur tout le monde.

Et pour exclure des projets ambitieux, rien ne vaut qu’une rumeur malsaine impliquant un haut responsable de l’Etat. C’est ainsi que le nom d’Ahmed Gaïd Salah a été mêlé à ce projet de grande envergure. Pendant longtemps, pour manipuler l’opinion publique, des sources avaient fait circuler l’information selon laquelle le Chef d’Etat-Major de l’Armée algérienne était à l’origine du blocage de cette Marina pour la simple raison qu’elle gêne sa villa située à 300 m du site d’El-Kettara. Une rumeur que les enfants du général-major finiront par la démentir catégoriquement lors d’une rencontre avec les promoteurs de cette Marina. La photo ci-dessus montre, en plus, que LA MARINA El-Kettara ne peut en aucun procurer la moindre gêne ou incarner un risque d’insécurité pour la famille du chef d’Etat-major de l’armée au regard de la distance qui sépare leurs villas du site de la Marina. L’actuel ministre de l’Habitat devra donc fournir des explications concrètes au sujet de ce projet qu’il avait gâché de ses propres mains avant de quitter Annaba.