A chaque Ramadhan, sa polémique. Cette année, les informations les plus folles circulent pour expliquer le “retrait” de plusieurs programmes phares de la grille de l’ENTV, la chaîne Étatique. 

Cette année, la fameuse série “Bibich” et “Bibicha” ne sera pas diffusée sur l’ENTV. Plusieurs autres programmes prévus sur la grille de la chaîne d’Etat ont été retirés dans un contexte très douteux et controversé. Il s’agit, selon nos informations, de pas moins de six programmes et concepts réalisés par l’agence de production Not Found. Refusés par l’ENTV pour des prétextes qui restent très floues, “Bibich” et “Bibicha”, le feuilleton “El-Khaoua, et d’autres séries seront finalement diffusées sur la chaîne privée El-Djazaïria, une télévision qui aurait dépensé pas moins de 100 millions de Da pour s’offrir une impressionnante grille de Ramadhan.

Or, le placement sur El-Djazaïria TV de ces programmes ne cesse pas de susciter une vive polémique au sein des acteurs du paysage audiovisuel algérien. Adlène Mellah, expert en communication audiovisuelle et multimédia et ancien directeur exécutif de Beur TV et de Numidia News, vient de lancer de graves accusations à l’encontre des producteurs et diffuseurs de ces programmes. “Des sponsors ont dépensé pas moins de 45 milliards de centimes pour sponsoriser un contenu qui devait être diffusé sur l’ENTV. Et au final, ils se retrouvent sur El-Djazaïria TV, une chaîne de télévision beaucoup moins importante et rayonnante. C’est une arnaque”, dénonce notre interlocuteur. Ce dernier cite des marques comme CEVITAL, Coca Cola ou le fabricant de téléphonie mobile Oppo qui auraient déboursé des sommes colossales pour apparaître sur ses productions ramandesques. “Ces marques pensaient qu’elles allaient apparaître sur l’ENTV. Elles ont été bernées et trompées”, note Adlène Mellah qui accuse l’agence publicitaire Média Algérie d’avoir induit en erreur toutes ces marques en les “détournant”, accuse-t-il, vers une autre chaîne de télévision que l’ENTV.

Adlène Mellah s’en prend enfin à l’agence de publicité Media Algerie, l’une des plus importantes en Algérie, l’accusant de “cannibaliser” le paysage médiatique algérien en exerçant un chantage à l’égard des médias algériens en politisant la manne publicitaire des marques étrangères. “C’est à travers ces procédés que les chaînes algériennes subissent des pressions pour transformer leurs lignes éditoriales en faveur de certains intérêts étrangers”, déplore le même interlocuteur.