La révolution promise n’a pas eu lieu. Le gouvernement, annoncé jeudi dernier, ressemble beaucoup plus à un casting de film qu’à une équipe politique chargée de gérer une crise aussi grave que celle que vit un grand pays comme l’Algérie.

Pressé par le temps et les urgences sociales, le pouvoir semble avoir adopté la politique de l’autruche. A défaut de pouvoir –et de vouloir- proposer de vraies solutions aux problèmes multisectoriels que vit le pays, Abdelaziz Bouteflika et ses équipes ont fait du surplace. Et à défaut de disposer de forces politiques capables de proposer des alternatives, les pouvoirs publics ont puisé, une nouvelle fois, dans l’appareil administratif pour combler des trous dans un gouvernement qui ne répond visiblement à aucune logique rationnelle.

Connu pour être un homme à l’efficacité prouvée malgré quelques casseroles traînées de longue date, Abdelmadjid Tebboune a préféré jouer à minima. Il a choisi des hommes sans ambitions, sans grand relief pour gérer des départements dont les défis sont pourtant énormes. Des secteurs comme l’Habitat, le Tourisme, les Travaux publics ou encore la Santé sont des domaines qui ont besoins de vrais plans de sauvetage. Des plans qui ont besoin d’hommes capables de casser la baraque et de relever des défis qui s’imposent au pays. Tout cela est fait de telle sorte que personne ne peut tenir tête ou imposer son style ou son désidérata. C’était le cas des ministres comme Abdesselam Bouchouareb sous le gouvernement de Abdelmalek Sellal.

Le choix peut être judicieux s’il avait comme seule ambition d’éviter les couacs gouvernementaux. Mais la réalité est que le gouvernement n’a ni le temps ni les moyens de jouer sur le seul registre de casting. Il doit répondre bien et vite aux défis. Mais ce n’est pas avec des walis promus ou des mouvements de chaises musicales que le pays peut faire face à la crise. Et la seule bonne volonté de ces hommes et femmes ne suffiront pas si la volonté politique n’est pas disponible au plus haut sommet de l’Etat.

Saïd Sadia